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Fiscalité du gazole: les entreprises du BTP bloquent des dépôts pétroliers dans l'ouest de la France

Les professionnels des travaux publics dénoncent la suppression progressive de la niche fiscale sur le gazole non routier prévu dans le projet de loi de finances pour 2020.

Les professionnels des travaux publics dénoncent la suppression progressive de la niche fiscale sur le gazole non routier prévu dans le projet de loi de finances pour 2020. - Kenzo Tribouillard-AFP

Des professionnels du BTP ont bloqué l'accès au dépôt pétrolier du Mans (Sarthe), celui de Vern-sur-Seiche près de Rennes (Ille-et-Vilaine), de Lorient (Morbihan) et de Brest (Finistère). Ils protestent contre la suppression de la fiscalité réduite sur le gazole non routier dont ils bénéficient jusqu'à présent.

La suppression prochaine et progressive (sur 3 ans) de la fiscalité réduite sur le gazole non routier (GNR) suscite l'ire des secteurs professionnels qui en bénéficient. Une cinquantaine de représentants de sociétés du BTP (bâtiment travaux publics) ont commencé à bloquer hier soir, jeudi 28 novembre, l'accès au dépôt pétrolier du Mans (Sarthe) pour protester contre la suppression de la fiscalité réduite sur le GNR. "Il n'y a pas d'entrée et de sortie", a confirmé la Société des dépôts pétroliers de la Sarthe, située dans la zone industrielle sud du Mans.

Le mouvement avait commencé dans l'après-midi et les manifestants envisagent une poursuite jusqu'à la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites. Une dizaine de pelleteuses et tractopelles stationnent devant l'entrée et un gros bungalow de chantier a été installé.

Des dépôts bloqués à Rennes, Lorient et Brest

Ce vendredi matin, c'est au tour du dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) près de Rennes, d'être la cible d'actions de blocage d'entrepreneurs du BTP qui utilisent leurs engins de chantiers pour organiser ces mouvements protestations, rapporte la radio Europe1 et le quotidien Ouest-France. Les dépôts de Lorient et de Brest ont également été bloqués, selon les préfectures des départements concernés. "La transition écologique, on n'est pas contre évidemment. Mais c'est pour tout le monde ou pour personne!", a déclaré Frédéric Corbet, patron d'une entreprise de terrassement et d'assainissement, manifestant devant le dépôt de Brest.

Des engins de BTP, tractopelles, bennes, porte-chars, ont été stationnés devant les accès des dépôts pour empêcher les camions-citernes d'y accéder, d'après la même source.

Un écart de prix de 55 à 60 centimes le litre de gazole

Ces professionnels des travaux publics dénoncent la suppression progressive de la niche fiscale sur le gazole non routier, étalée sur 3 ans, prévue dans le projet de loi de finances pour 2020. Ce carburant moins taxé, est employé dans véhicules à usage industriel comme les engins de travaux publics (pelleteuse, bétonnière) dont la dépendance au gazole est très forte en l'absence d'autres motorisations.

"Le sujet revient non plus au nom de la transition énergétique mais en tant que suppression d'une niche fiscale", s'indigne Frédéric Tessier, qui dirige une entreprise de terrassement. "La différence de prix entre GNR et gazole traditionnel est de l'ordre de 55 à 60 centimes du litre, soit un surcoût de l'ordre de 10 euros de l'heure sur une pelleteuse moyenne", rappelle-t-il.

Lors de l'examen du projet de budget, le Sénat a décidé lundi d'allonger de deux ans, jusqu'au 31 décembre 2021, la durée d'accompagnement des entreprises pour l'achat de matériels moins polluants à la suite de la suppression progressive de cette niche fiscale.

Frédéric Bergé avec AFP