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Smic : vers une simple hausse automatique au 1er janvier 2016 ?

Le salaire minimum s'élève à 1.457,52 euros brut mensuels et 1.136,62 euros nets (pour 35 heures hebdomadaires)

Le salaire minimum s'élève à 1.457,52 euros brut mensuels et 1.136,62 euros nets (pour 35 heures hebdomadaires) - Mychèle Daniau-AFP

Le ministère du travail décidera, ce lundi 14 décembre, de la hausse du SMIC au 1er janvier 2016.  On s'attend à l'indexation automatique, non à un coup de pouce.

De combien le SMIC sera-t-il augmenté au début de l'année ? Le ministère du Travail, qui n'a donné aucune indication sur ses intentions, annoncera officiellement sa décision lundi 14 décembre au matin.

Le salaire minimum s'élève aujourd'hui à 1.457,52 euros bruts mensuels (9,61 euros de l'heure) et 1.136,72 euros nets pour 35 heures hebdomadaires. Lors de sa dernière revalorisation, au 1er janvier 2015, le Smic avait augmenté de 0,8%, soit huit euros nets mensuels.

En l'absence de "coup de pouce", le Smic bénéficie chaque année d'une hausse mécanique, qui correspond à la somme du taux d'inflation hors tabac pour les 20% de ménages les plus modestes et de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE). Cette hausse mécanique s'élèverait cette année à +0,5%, un taux confirmé par les experts de Force ouvrière.

Le gouvernement n'a plus accordé de "coup de pouce" supplémentaire (supérieur à l'application de l'indexation) au Smic depuis le 1er juillet 2012. Au lendemain de l'élection de François Hollande, le salaire minimum avait été revalorisé de 2%, au lieu de 1,4%.

Front des syndicats, sauf la CFDT, pour un coup de pouce 

Depuis, l'exécutif a toujours suivi les recommandations du groupe d'experts sur le Smic, consulté avant chaque hausse annuelle. Ce groupe a toujours plaidé contre tout "coup de pouce".

Cette année encore, l'instance consultative y est défavorable. "La situation économique est en amélioration" mais "le futur reste encore très incertain", écrivent les experts, qui estiment que "ce n'est pas le moment d'ajouter à l'incertitude en cherchant à accélérer dès à présent la hausse des salaires". "Dans ces conditions, s'en tenir à l'indexation légale du Smic (...) semble le plus raisonnable", concluent-ils.

Mais un front syndical, composé de la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC, s'est formé pour demander que le gouvernement aille au-delà. Le cégétiste Pascal Debay plaide pour un "appel d'air salarial", tandis que Marie-Alice Médeuf-Andrieu (FO) juge un "coup de pouce" nécessaire afin de "relancer la consommation pour relancer la croissance". 

A contre-courant des autres syndicats, la CFDT, qui "est plus préoccupée par le fait qu'il y ait beaucoup de monde au Smic que par le niveau du Smic", ne va pas demander de "coup de pouce", a annoncé Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe du syndicat.

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- © Ministère du travail
F.Bergé avec AFP