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SeaFrance: Les méthodes "violentes" de la CFDT

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Alors que l'avenir de SeaFrance, en liquidation, s'assombrit, les témoignages se succèdent au sujet des méthodes utilisées par la CFDT dans le conflit social. Violence envers des journalistes, clientélisme et favoritisme... La direction nationale désavoue sa section locale. Enquête RMC.

La CFDT SeaFrance, qui porte le projet de coopérative ouvrière (SCOP) susceptible de sauver la compagnie maritime, se trouve au centre d'une polémique grandissante. Selon plusieurs salariés, responsables syndicaux et journalistes, la section maritime Nord de la CFDT aurait usé de méthodes parfois violentes dans l'exercice de son mandat représentatif.

La direction de la CFDT désavoue sa branche de Calais

Fait tare, la direction nationale vient de désavouer sa branche locale, lui reprochant de n'avoir pas voulu examiner les autres projets de reprise de SeaFrance qui avaient été présentés, ne défendant que le système de SCOP. Actuellement, les négociations sont quasiment revenues au point mort. A tel point qu'un collectif d'employés de la compagnie, non syndiqués, vient de se créer et se charge de renouer le dialogue avec la direction, court-circuitant ainsi ouvertement la CFDT.

"La direction n'avait même plus la main sur l'entreprise"

Selon certains pourtant, les griefs vont bien au-delà d'un simple problème de négociations. Marc Top, numéro deux de la CGT chez SeaFrance, évoque en effet d'un vrai clientélisme. "Pendant des années, la CFDT a fait embaucher des personnes non qualifiées ou à des postes sans réelle utilité dans l'entreprise", dit-il sur RMC. "On a vu des cas de carrières fulgurantes parce que les intéressés appartenaient au syndicat. A un moment donné, la direction n'avait même plus la main sur l'entreprise. La CFDT avait carrément la main-mise sur tout ce qui se passait à SeaFrance".

"Ils sont passés par la fenêtre et ont saccagé nos locaux"

D'autres parlent ouvertement de violences. C'est le cas de Philippe Hénon, rédacteur en chef du quotidien Littoral Nord, quotidien local. "Une fois, nous avions écrit quelque chose qui ne leur avait pas plu", témoigne-t-il. "Ils sont passés par la fenêtre et ils ont saccagé les locaux. Souvent, ils ont cherché à nous intimider. Récemment, un de nos photographes qui suivait le départ de bus de salariés s'est fait courser. Ils ont démoli sa voiture". S'ajoute à ces déclarations un rapport de la Cour des comptes qui aurait pointé, en 2009, un vrai "système CFDT", mettant notamment à jour un nombre de congés payés anormalement élevé en faveur de certains salariés. La direction de SeaFrance aurait fermé les yeux sur ces pratiques pour préserver la "paix sociale".