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Rouen, une ville en partie à l'arrêt après l'incendie de l'usine Lubrizol

Le spectaculaire incendie dans l'usine Lubrizol de Rouen classée Seveso, qui n'a pas fait de victime, était maitrisé ce jeudi à la mi-journée mais plusieurs jours seront probablement nécessaires pour en venir à bout, avec une crainte de pollution de la Seine.

Le spectaculaire incendie dans l'usine Lubrizol de Rouen classée Seveso, qui n'a pas fait de victime, était maitrisé ce jeudi à la mi-journée mais plusieurs jours seront probablement nécessaires pour en venir à bout, avec une crainte de pollution de la Seine. - Philippe Lopez-AFP

À cause du feu dans l'usine chimique Lubrizol, les transports publics de Rouen s'arrêtent "progressivement" ce jeudi après-midi. Ils reprendront vendredi matin. Les campus universitaires restent fermés jusqu'à nouvel ordre alors que les risques de pollution de la Seine sont maîtrisés. L'incendie est également maîtrisé, même s'il n'est pas éteint.

L'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen classée Seveso niveau haut, a mis une partie de l'agglomération rouennaise à l'arrêt. Sur son compte Twitter, le ministère de l'Intérieur, "par mesure de précaution", conseillait à la mi-journée "d'éviter les déplacements non indispensables dans l'agglomération de Rouen".

Alors que les écoles de l'agglomération, envahie par un panache de fumée noire dès ce jeudi matin, restaient fermées, les campus universitaires de Rouen ont aussi fermé leurs portes ce jeudi 26 septembre 2019. "Le message est passé auprès des étudiants : sur le campus de Mont-Saint-Aignan, il n'y a absolument aucune âme qui vive", rapporte le site du quotidien Ouest-France. Les écoles et crèches seront rouvertes lundi 30 septembre concernant les communes placées en mesures de confinement.

Concernant les retombées des suies provoquées par l'incendie, "les éleveurs ont dû rentrer leurs animaux et les agriculteurs ont dû laver les récoltes" souligne le compte Twitter du quotidien régional Paris Normandie.

De leur côté, les transports en commun de l'agglomération de Rouen vont s'arrêter "progressivement" jeudi après-midi et devraient reprendre normalement vendredi matin en raison de l'incendie dans l'usine chimique Lubrizol. Cette mesure de précaution a été mise en place par Transdev Rouen-TCAR pour assurer la sécurité des voyageurs et du personnel. "Reprise du trafic normal prévue demain matin", indique la société de transports dans un tweet (cf illustration ci-dessous).

Interrogé, lors d'un point presse en milieu d'après-midi ce jeudi, sur cet arrêt des transports en commun, le préfet de Normandie et de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, a déclaré qu'il s'agissait d'un "choix des personnels". "Je ne me l'explique pas", a-t-il poursuivi. Il n'y a "aucun motif à faire valoir un mouvement de retrait (...) ce n'est pas justifié d'après moi" a t-il déclaré précisant par ailleurs que le "plan Blanc n'avait pas été déclenché à l'hôpital et qu'il y n'y a eu aucun blessé". De même "le périmètre de 500 mètres autour de l'usine en feu a été levé Les personnes y habitant pourront regagner leur domicile ce soir" a ajouté le préfet de Seine-Maritime.

Le préfet de Normandie a également évoqué un "risque de pollution" de la Seine "par débordement des bassins de rétention". Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner a annoncé la mise en place du plan Polmar pour contrer les risques de pollution du fleuve.

Quand à la toxicité des retombées, le préfet a annoncé dans une conférence de presse à 18h que les analyses se poursuivaient. Selon les premières mesures, la fumée de l'incendie serait composée de "substances carbonées classiques, que l'on retrouve toujours dans les fumées d'incendie", selon Pierre-André Durand.

La Préfecture appelle par mesure de précaution à "éviter les déplacements des enfants, des personnes âgées et des personnes souffrant de pathologies respiratoires". Concernant les éleveurs et agriculteurs, elle conseille, toujours à titre de précaution, "de rentrer les animaux, de sécuriser leur alimentation et leur abreuvement en les mettant à l'abri et de suspendre les récoltes."

Concernant des défaillances éventuelles qui auraient pu être à l'origine de l'incendie, "des manquements avaient été constatés en 2017 ayant pour conséquence une mise en demeure. Une remise à niveau a eu lieu en 2019. "D’un point de vue administratif, l’entreprise était aux normes", a précisé le préfet.

L'incendie, qui n'a pas fait de victime, est maintenant "éteint", selon la préfecture de la Seine-Maritime. 

Frédéric Bergé