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Revenu universel: Benoît Hamon revoit sa copie

Benoît Hamon pourrait repenser son revenu universel

Benoît Hamon pourrait repenser son revenu universel - YANNICK GRAZIANI / AFP

Le candidat socialiste pourrait revenir sur les modalités de sa proposition phare. Il envisagerait de proposer "une sorte de prime d'activité" versée automatiquement aux salariés proches du SMIC dès la première étape de son programme, selon Les Échos.

48 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, Benoît Hamon s'apprêterait à remodeler l'une de ses mesures emblématiques. Selon une information des Échos, le candidat socialiste qui prône l’instauration d’un revenu universel d’existence - d’abord réservé aux jeunes puis étendu à toute la population et augmenté à 750 euros - aurait décidé de repenser sa proposition.

Ce dispositif qui a longtemps été critiqué pour son coût (349 milliards d’euros selon l’Institut Montaigne) ne pourrait finalement coûter "que" quelques dizaines de milliards d'euros. Aussi, il pourrait, en plus des jeunes, être réservé dans sa première phase aux individus qui perçoivent un revenu modeste. Cela ressemblerait "à l’idée du versement automatique sur le bulletin de salaire d’une sorte de prime d’activité pour les salariés proches du SMIC", note Les Échos.

La hausse du RSA de 10% maintenue

Autrement dit, la première étape du dispositif de Benoît Hamon ne concernera plus uniquement les 18-25 ans. Objectif: augmenter le salaire net de tous les petits revenus. C'est en ce sens que la pensée de Benoît Hamon évoluerait: le revenu universel n'est plus pensé comme un moyen de répondre à la raréfaction du travail, il permet également de revaloriser les faibles salaires. 

Une hausse du RSA de 10% à hauteur de 600 euros et son versement automatique à tous les ayants-droits est également prévue lors de la première étape du programme du candidat socialiste. "Cette option est maintenue, mais nous allons doubler cette mesure par une automatisation du versement de cette sorte de prime d’activité dès janvier 2018", explique aux Échos Julia Cagé, économiste en charge du projet dans l'équipe de Benoît Hamon.

Difficile d'en savoir davantage sur la nouvelle mouture du projet, le camp Hamon restant pour l'heure très discret sur le sujet. Julia Cagé promet toutefois qu'il y aura bien "un revenu mensuel garanti à tous les Français quel que soient les incidents de la vie", mais précise que "ça n’aurait pas de sens de donner à Liliane Bettancourt 600 euros, pour lui reprendre de l’autre main par une hausse d’impôts". De quoi s'interroger sur le devenir du revenu universel de 750 euros versé à l'ensemble de la population. 

P.L