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Réunion de l'Eurogroupe dimanche sur la Grèce

Les ministres des Finances de l'Eurogroupe se réuniront dimanche pour évoquer le plan de soutien à la Grèce, a déclaré à Reuters le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. /Photo prise le 1er avril 2010/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les ministres des Finances de l'Eurogroupe se réuniront dimanche pour évoquer le plan de soutien à la Grèce, a déclaré à Reuters le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. /Photo prise le 1er avril 2010/REUTERS/Kai Pfaffenbach - -

SHANGHAI - Les ministres des Finances de l'Eurogroupe se réuniront dimanche pour évoquer le plan de soutien à la Grèce, a déclaré à Reuters le...

par Dina Kyriakidou

ATHENES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro discutent vendredi et se réuniront dimanche pour tenter de boucler le plan de soutien à la Grèce permettant à Athènes de recevoir plusieurs dizaines de milliards d'euros d'aide financière en échange d'un plan d'austérité sans précédent.

Le montant global du soutien apporté à la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) pourrait atteindre 120 milliards d'euros sur trois ans, mais il devrait poser des conditions extrêmement contraignantes et pénalisantes pour la population grecque.

Des responsables de l'Union ont déclaré que le FMI avait exigé d'Athènes une réduction de 10 points du déficit budgétaire en deux ans, soit l'équivalent de 24 milliards d'euros d'économies, qui passerait notamment par un relèvement de la TVA, la suppression de primes représentant un 13e et un 14e mois de traitement pour les fonctionnaires et un gel des salaires pour trois ans.

Les syndicats ont déjà appelé à une série d'arrêts de travail au cours des prochains jours.

Le Premier ministre, George Papandréou, a déclaré vendredi que le plan d'économies était vital.

"Aujourd'hui, la première des priorités, c'est la survie de la nation", a-t-il dit au Parlement. "Les mesures que nous devons prendre, qui sont des mesures économiques, sont nécessaires à la protection de notre pays, de notre avenir, pour que nous soyons capables de nous relever."

A Shanghai, la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a émis l'espoir que le plan d'aide européen serait finalisé avant la tenue d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement européens annoncé pour le 10 mai.

"LES MOYENS DE LA SOLIDARITÉ"

Pour ce faire, les discussions s'accélèrent entre les ministres des Finances de la zone euro, a confirmé par la suite son collègue des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

"Il y a une réunion maintenant, une conférence téléphonique, (...) et dimanche (une réunion) des ministres des Finances européens", a-t-il expliqué.

L'objectif, "c'est d'affirmer et de donner les moyens de notre solidarité avec la Grèce", a-t-il ajouté.

L'espoir d'une issue rapide des discussions sur l'aide à Athènes continue de favoriser une reprise des marchés financiers après les deux séances très agitées de mardi et mercredi.

L'euro a repassé la barre de 1,33 dollar et l'écart de rendement entre les emprunts grecs et allemands à 10 ans, qui représente la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette émise par Athènes, se resserrait encore, à moins de 650 points à la mi-journée contre plus de 1.000 mercredi matin.

"On a vraiment l'impression que la situation de fond s'améliore en ce qui concerne la crise de la dette publique dans la zone euro", a commenté Mike Lenhoff, responsable de la stratégie de Brewin Dolphin.

L'euro accuse cependant encore une baisse de 1,5% environ sur le mois d'avril. Car une issue à la crise grecque serait loin d'apaiser les inquiétudes suscitées par l'ampleur des dettes publiques dans l'ensemble de la région.

Certains économistes estiment qu'en cas d'extension de la crise à d'autres pays, l'addition globale pourrait s'élever à 500 milliards d'euros.

"L'APOCALYPSE APPROCHE", DIT UN JOURNAL GREC

Au Portugal, un pays dégradé cette semaine, comme la Grèce et l'Espagne, par l'agence Standard & Poor's, le dirigeant du parti d'opposition social-démocrate (PSD), Pedro Passos Coelho, a déclaré que sa formation soutenait le plan d'austérité gouvernemental et dit espérer un nouvel accord permettant de réduire le déficit d'un point supplémentaire cette année.

En Espagne, où le chômage a atteint un nouveau sommet à plus de 20% au premier trimestre, la ministre de l'Economie, Elena Salgado, a assuré que la dette était maîtrisée et que Madrid n'aurait pas à solliciter une aide extérieure.

Du côté de l'Allemagne, où l'idée de mettre la main à la poche pour sauver Athènes suscite les plus fortes réticences, une source financière a rapporté que le secteur privé, banques en tête, contribuerait à l'aide à la Grèce.

Le temps presse car Athènes devra faire face le 19 mai à l'échéance de 8,5 milliards d'euros d'obligations, sur un total d'environ 300 milliards de dettes.

Et le gouvernement Papandréou risque de devoir redoubler d'efforts pour convaincre la population de la nécessité de se serrer la ceinture. Les sondages d'opinion montrent qu'une majorité de Grecs s'oppose à l'aide extérieure.

"L'apocalypse approche. Le problème créé par des mécanismes spéculatifs ne sera résolu que parce que les Allemands ont pris conscience de l'effet de dominos qui risquait de se produire", écrit vendredi le quotidien conservateur grec Eleftheros Typos.

"Mais ce sont les créanciers qui fixent les conditions et elles sont incroyablement dures. Pendant trois ans au moins, c'est notre sang qu'ils suceront. Et il ne s'agit pas d'une exagération."

Avec la contribution d'Emmanuel Jarry à Shanghai, Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez