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Rétro 2014: le bilan économique de François Hollande s'alourdit

François Hollande n'a toujours pas trouvé la clé pour inverser la courbe du chômage.

François Hollande n'a toujours pas trouvé la clé pour inverser la courbe du chômage. - Patrick Kovarik - AFP

Le chef de l’Etat termine l’année sur un triste bilan économique, marqué par une hausse continue du chômage, une croissance atone, et l’échec provisoire du pacte de responsabilité.

"C’est dur". D’ordinaire si confiant en son action, François Hollande s’est laissé aller à une anaphore trahissant un sentiment d’abattement, voire d’impuissance, lors de sa quatrième conférence de presse semestrielle en septembre dernier.

Président le plus impopulaire de la Vème République, celui qui se rêvait en réconciliateur après le mandat de Nicolas Sarkozy ne peut plus compter que sur une base de soutien réduite. Et s’apprête à refermer 2014, comme l’année précédente, sur un triste bilan économique. 

La promesse d’inverser la courbe du chômage en 2013 n’est plus qu’un lointain et douloureux souvenir. 

Et l’horizon n’est pas près de s‘éclaircir si l’on se fie aux prévisions de l’OCDE, qui exclut toute perspective de recul avant 2016. Au total, plus de 500.000 nouveaux chômeurs sont ainsi venus grossir les rangs de Pôle emploi depuis mai 2012.

Le virage social-libéral peine à porter ses fruits

La croissance, quant à elle, ne décolle pas, pointant à 0,4% pour 2014. Et le faible 1% prévu pour l’an prochain n’engage pas vraiment à l’optimisme.

Pour la relancer, François Hollande n’a pourtant pas ménagé ses efforts. Le tournant social-libéral (ou social-démocrate) amorcé en janvier ne lui a pas encore réussi. De son côté, le pacte de responsabilité avec ses 40 milliards d’euros de baisses de charges est pour le moment un "échec", dixit Emmanuel Macron, qui l’attribue à la mauvaise volonté du patronat.

Et même si tel n’était pas le cas, le chef de l’Etat a déjà reconnu que ce pacte n’aurait d’effet qu’à "moyen terme", n’excluant pas que "le mandat suivant en bénéficie". Dommage, lorsque moins de 10% des Français voient en lui le meilleur candidat socialiste pour 2017.

Tensions avec Bruxelles

En outre, un nouveau dérapage des déficits est venu tendre un peu plus les rapports avec Bruxelles, qui commence à s’impatienter. Le délai de deux ans, accordé en 2013 pour que la France ramène son déficit en deçà des 3%, ne suffira visiblement pas puisque les dernières prévisions gouvernementales le porte à 4,1% en 2015.

Le seul motif d’espoir en cette fin d’année reste donc le projet de loi sur la croissance et l’activité, amené à devenir la loi Macron. Le texte, censé "déverrouiller l’économie française", prévoit notamment une réforme des professions réglementées et un assouplissement du travail dominical.

Mais il se heurte pour l’instant à une certaine résistance d’une bonne partie du PS. Le tout alors que se profile un nouveau test pour François Hollande : les élections départementales, qui auront lieu en mars 2015.

Yann Duvert