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Report de commandes en vue pour le ministère de la Défense

Le Rafale pourrait être l'une des victimes du report de commandes prévues par le ministère de la Défense.

Le Rafale pourrait être l'une des victimes du report de commandes prévues par le ministère de la Défense. - -

Le ministère de la Défense ne va pas échapper à des coupes budgétaires. Différentes livraisons, commandes et paiements vont devoir être reportés afin de diminuer l’enveloppe dédiée aux équipements de 6 milliards d'euros.

Le budget 2013 du ministère de la Défense sera stable par rapport à celui de 2012. Pour tenir cet objectif, il n’aura d’autre choix que de tailler dans les dépenses d’équipement. En reportant certaines livraisons, commandes et paiements, il espère réduire de 6 milliards cette enveloppe budgétaire.

Les arbitrages interviendront à la rentrée. Mais ces décisions vont peser sur les entreprises du secteur, car les dédommagements risquent d'être inexistants.

Les contrats passés avec un Etat comme ceux conclus avec un client privé comportent bien une clause prévoyant des pénalités financières en cas de désistement. Il semble toutefois improbable que ces entreprises les fassent jouer. D'abord parce que la France est un client très significatif, et que cela pourrait compromettre leurs relations à l'avenir. Ensuite, les fabricants d'armement comptent tous plus ou moins parmi leurs actionnaires l'Etat français. Cela reviendrait à demander des indemnités à la maison-mère.

Le Rafale victime des économies?

Mais avec ce tour de vis, l'Etat marche sur des œufs. Dans le cas du report de la livraison d'hélicoptères NH90, les répercussions seront limitées. Eurocopter devrait pouvoir réorienter ces appareils vers d'autres clients. En revanche la situation est plus compliquée dans le cas du Rafale.

Comme la France est aujourd'hui l'unique client de l'avion, ce serait un coup dur pour l'usine de Dassault Aviation. La construction du Rafale représente 7000 emplois directs sans parler des 500 entreprises indépendantes qui travaillent uniquement pour l'appareil. Ce serait aussi un mauvais signe adressé aux clients potentiels, dont l'armée indienne, actuellement en phase finale de négociation.

Mathieu Sevin