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Rémunération des policiers: vers un effet boule de neige?

Les policiers ont obtenu une revalorisation salariale.

Les policiers ont obtenu une revalorisation salariale. - Christophe Archembault - AFP

Les hausses de salaires obtenues par les syndicats policiers pourraient donner des idées aux autres corps de fonctionnaires, infirmiers et enseignants en premier lieu.

Les policiers vont-ils faire des émules? En obtenant une revalorisation salariale conséquente, les gardiens de la paix et leurs supérieurs ont peut-être donné des idées à l’ensemble des salariés de la fonction publique, pas vraiment ménagés depuis le début du quinquennat. Les infirmiers et les enseignants en premier lieu.

Ces derniers savent déjà que leur point d’indice, qui fixe l’évolution de leur rémunération, sera une nouvelle fois gelé en 2019. Olivier Dussopt, le secrétaire d’État auprès du ministre des Comptes publics, l’a confirmé ce vendredi sur France Info. Ils n’auront pas non plus le droit à la prime exceptionnelle de fin d’année, dont bénéficieront beaucoup de salariés du privé, leur employeur -en l’occurrence l’État- jugeant l’opération trop coûteuse.

"Pas la période du père Noël"

Pourtant, les syndicats de fonctionnaires (dont la CFDT), reçus ce vendredi à Bercy, semblent déterminés à obtenir un coup de pouce gouvernemental. Ils estiment en effet avoir été tenus à l’écart des récentes mesures en faveur du pouvoir d’achat, annoncées par l’exécutif.

Faux, leur a répondu Gerald Darmanin jeudi, rappelant que la défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires profiteraient également aux fonctionnaires, de même que l’élargissement des critères d’attribution de la prime d’activité. "Ce n’est pas la période du père Noël avec une dette à quasiment 100% du PIB" a, au passage, averti le ministre de l’Action et des Comptes publics.

Malgré tout, le risque de contagion de la grogne semble bien réel. Les infirmiers n’ont que très peu goûté, par exemple, les propos de Bruno le Maire mercredi sur BFMTV et RMC. Le ministre de l’Économie avait en effet estimé que le sujet du paiement des heures supplémentaires n’était "pas sur la table". Autre danger pour le gouvernement: la réforme de la fonction publique, devant intervenir en 2019, et qui devrait accroître le recours aux contractuels dans plusieurs secteurs. Le tout sur fond de réduction d’effectifs: pour rappel, Emmanuel Macron a promis de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires durant son quinquennat.

Y.D.