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Réforme ferroviaire: la dette de la SNCF principal sujet des questions des députés

Élisabeth Borne a été soumise à un feu nourri de question à l'Assemblée sur la dette de la SNCF.

Élisabeth Borne a été soumise à un feu nourri de question à l'Assemblée sur la dette de la SNCF. - Bertrand Guay - AFP

Les députés de gauche comme de droite, ont pressé de questions la ministre des Transports mardi, sur l'avenir de la dette SNCF, Élisabeth Borne n'apportant pas de réponse sur une reprise par l'État.

Des députés de gauche et de droite ont soumis mardi soir la ministre des Transports à un feu nourri de questions sur le scénario de reprise de la dette SNCF, Élisabeth Borne plaidant qu'"il n'y a pas de recette magique".

Au deuxième jour d'examen du "nouveau pacte ferroviaire" dans l'hémicycle, les communistes, Insoumis et socialistes, mais aussi les élus LR et UAI ont multiplié les interrogations sur le sort de la dette de SNCF Réseau, qui atteignait 46,6 milliards d'euros fin 2017.

"L'absence de réponse va nourrir le doute"

"On ne vous demande pas ce soir à l'euro près comment vous allez réunir les conditions d'extinction de la dette mais d'ouvrir les conditions d'une réflexion constructive", a plaidé Hubert Wulfranc (PCF), proposant en vain un rapport avant septembre. "L'absence de réponse va nourrir le doute, les inquiétudes", a glissé son camarade Sébastien Jumel.

Valérie Rabault (PS), qui a également réclamé un rapport, a exhorté la ministre à "avoir un peu de transparence. Ici vous êtes à l'Assemblée nationale, c'est pour qu'il y ait une décision éclairée".

"On part à grande vitesse dans le mur sans avoir aucune réponse. On aimerait enfin des réponses et chiffres précis", a insisté l'Insoumis Loïc Prud'homme.

La droite a aussi interpellé la ministre sur la dette. "Dites: oui, ces 50 milliards, il faut que l'État les reprenne ou ce sera un coup de poker menteur", a enjoint Philippe Vigier (UAI), soulignant qu'"en Allemagne, 50 milliards de dette ont été épongés par l'État".

Pressée encore par la gauche de la gauche, Élisabeth Borne a répliqué qu'"il n'y a pas de recette magique" et qu'"à un moment donné, si la dette n'est plus payée par le système ferroviaire, elle sera payée par le contribuable".

Fabien Di Filippo a contesté cette idée, jugeant qu'une meilleure organisation et un meilleur service commercial permettraient notamment de dégager des ressources.

"Les usagers paieront les billets deux fois plus chers"

"Ce que vous n'osez pas dire au sujet de la dette de la SNCF, c'est que ce sont les usagers qui, demain, la paieront en achetant leurs billets deux fois plus cher", s'est exclamé Jean-Paul Lecoq (PCF).

La dette, "ça fait tout de même 30 ans que le sujet n'a pas été traité, ce gouvernement a dit qu'il allait le traiter", mais "ce n'est pas un problème simple", ça "mérite qu'on prenne un petit peu de temps", a justifié la ministre.

 Et "en 1977, le gouvernement Chirac, alors que la dette était évaluée à 20 milliards d'euros, n'avait pas jugé utile de la reprendre parce qu'on entrait dans la zone euro", a lancé Danièle Brulebois (LREM) à LR.

Mais, a contre-attaqué Fabien Di Filippo, "en 1997, le Premier ministre était Lionel Jospin, qui avait une très bonne conseillère aux Transports", allusion à Élisabeth Borne.

N.G. avec AFP