BFM Business

Réforme du rythme scolaire: la fine manoeuvre de François Hollande

François Hollande a annoncé ce mardi la création d'un fonds d'aide aux communes qui voudraient engager la réforme du rythme scolaire dès 2013.

François Hollande a annoncé ce mardi la création d'un fonds d'aide aux communes qui voudraient engager la réforme du rythme scolaire dès 2013. - -

Devant les maires réunis en congrès, mardi 20 novembre, le chef de l'Etat a annoncé la création d'un fonds spécifique destiné aux communes en vue de la réforme du rythme scolaire. Une annonce très bien accueillie, qui permet de mieux faire passer la baisse des dotations publiques aux communes.

La manœuvre n’était pas évidente, mais elle est réussie. François Hollande a fait d’une pierre deux coups, mardi, au 95ème congrès des maires de France.

Le chef de l’Etat a en effet répondu aux requêtes formulées par Jacques Pélissard, président (UMP) de l’Association des maires de France, notamment sur la réforme du rythme scolaire. Cette dernière, dont le coût est évalué par certains élus à 600 millions d'euros, s’étalera finalement sur deux ans. Et non pas obligatoirement à la rentrée 2013, comme l’avait réaffirmé Vincent Peillon il y a six jours.

Il s’agissait de la première revendication de l’AMF, afin de pouvoir organiser le financement des activités périscolaires, pris en charge par les communes. La seconde concernait justement la participation de l’Etat dans la prise en charge de ces activités, sujette à d’âpres négociations entre les collectivités et l’exécutif. François Hollande a ainsi promis un fonds spécifique de 250 millions d’euros pour accompagner les communes qui voudraient engager la réforme dès 2013, et qui ne disposeraient pas de moyens suffisants.

François Hollande a "cadré le débat", selon l'AMF

Le problème principal réside dans la prise en charge par des éducateurs de trois heures supplémentaires par semaine, afin de ne pas "lâcher" les enfants avant 16h30, comme l’a promis Vincent Peillon. Lors d’une première concertation, le 17 octobre, ce dernier avait proposé que l’Etat en finance la moitié. Mais lors d’une seconde réunion, le 12 novembre, il n’en était plus question, laissant aux communes l’entière charge de ces trois heures hebdomadaires.

François Hollande, en annonçant un fonds de 250 millions, semble donc avoir fait un compromis. Mais nul doute que cette participation étatique pèsera lourd lors des futures concertations (comprendre: l'Etat ne déboursera pas un sou de plus). Avec, en prime, les applaudissements des élus locaux. "François Hollande a cadré le débat, a fixé un cap", se réjouit Jacques Pélissard. "Reste à régler la question des normes et du nombre d’heures prises en charge par l’Etat. C'est la preuve que l’AMF avait fait des demandes responsables, nous sommes entièrement satisfaits."

Une façon également pour le chef de l’Etat de faire passer la pilule concernant la baisse des dotations publiques aux collectivités, un point sur lequel il n’a pas bougé d’un pouce. Pour la période 2013-2015, le gouvernement a en effet déjà affirmé qu'il envisageait 2,250 milliards d'économies supplémentaires dans ce secteur.

Yann Duvert