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Procès Tapie : Un duel musclé

Stéphane Richard, l'un des six prévenus du procès Tapie

Stéphane Richard, l'un des six prévenus du procès Tapie - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Bruno Bézard va-t-il faire vaciller la défense de Stéphane Richard ? L'ancien patron du Trésor est le principal accusateur de l'actuel patron d'Orange, poursuivi pour complicité d'escroquerie et de détournement de fonds publics dans le procès sur l'arbitrage dans le cadre de l'affaire Adidas-Crédit Lyonnais. Il viendra témoigner jeudi prochain.

Bruno Bézard va-t-il faire vaciller la défense de Stéphane Richard ? L'ancien patron du Trésor est le principal accusateur de l'actuel patron d'Orange, poursuivi pour complicité d'escroquerie et de détournement de fonds publics dans le procès sur l'arbitrage dans le cadre de l'affaire Adidas-Crédit Lyonnais. Il viendra témoigner jeudi prochain. La confrontation entre les deux hommes s'annonce musclée.

Bruno Bézard n'en est pas à son premier témoignage dans cette affaire. Il avait déjà été appelé à la barre lors du procès de Christine Lagarde, l'ancienne ministre de l'Economie, devant la Cour de Justice de la République. Il s'en était alors pris personnellement à Stéphane Richard. Bruno Bézard dirigeait l'Agence des participations de l'Etat, qui tentait à l'époque de dissuader les pouvoirs publics de conclure cet arbitrage et il explique s'être alors heurté à l'omniprésence du directeur de cabinet dans ce dossier. 

Une promiscuité curieuse avec Bernard Tapie

Selon lui, Stéphane Richard voulait « quoiqu'il arrive aboutir à un arbitrage » en raison de sa « compréhension assez poussée des intérêts de Monsieur Tapie ». Il explique qu'il était très à l'écoute de l'homme d'affaires et parle même d'une « promiscuité curieuse ».

« Mes collaborateurs ont croisé Bernard Tapie à plusieurs reprises dans les couloirs de Bercy, de façon inattendue », dit-il. Il assure que ses notes pour la ministre peinaient « à passer le filtre du cabinet dirigé par Stéphane Richard » ou encore qu'il a été évincé de certaines réunions pourtant capitales, comme celle où il a été décidé de ne pas faire de recours contre cet arbitrage. Pour lui, ce recours était pourtant le seul choix possible : « devant une décision aussi scandaleuse, même si nous avions une chance sur mille de gagner, il n'y avait que des avantages, et aucun inconvénient à tenter le recours ».

Un simple exécutant

« L'APE se donne le beau rôle en se présentant en gardien de l'orthodoxie », a ironisé Stéphane Richard avant de revenir sur la raison pour laquelle cet arbitrage avait été décidé, malgré ces alertes. L'APE elle-même considérait que poursuivre l'affaire devant la justice traditionnelle présentait des risques importants et souhaitait une médiation, une solution qui avait déjà échoué dans ce même dossier explique Stéphane Richard.

Quant à son implication dans cette affaire, il assure qu'il s'est borné à coordonner des réunions et à faire remonter des notes de l'APE à sa ministre, qui était donc parfaitement au courant de l'hostilité de l'Agence des participations de l'Etat dans ce dossier. Il souligne d'ailleurs qu'il n'avait, en tant que directeur de cabinet, aucun pouvoir décisionnaire ni aucun pouvoir hiérarchique sur Bruno Bézard notamment.

Pour lui, il n'y a donc rien eu d'anormal dans le traitement de ce dossier. « J'ai pris quelques initiatives mais je ne vois pas en quoi ça peut constituer un quelconque délit », insiste-t-il. « Vous me taillez un costume un peu trop grand », a-t-il lancé à l'un des procureurs.