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Première privatisation pour le gouvernement Tsipras

Fraport rachète des aéroports grecs.

Fraport rachète des aéroports grecs. - Costas Metaxakis - AFP

Le gouvernement grec vient d'officialiser la cession de 14 aéroports régionaux décidée par la majorité précédente mais qu'il avait bloqué. C'est le gestionnaire allemand de l'aéroport de Francfort qui va désormais gérer ces infrastructures.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras privatise. Il a officialisé, ce mardi 18 août, la cession des 14 aéroports régionaux au consortium allemand Fraport-Slentel. Le tout pour 1,23 milliard d'euros.

La cession des aéroports à l'entreprise allemande avait été approuvée par le précédent gouvernement puis gelée après l'élection en janvier du Premier ministre de gauche radicale Alexis Tsipras. 

En juillet, l'agence des privatisations grecques, Taiped, a republié l'appel d'offres en demandant que le consortium soit de nouveau désigné, et la transaction finalisée. Le décret publié mardi dans le journal officiel indique que le gouvernement grec "approuve" la décision du Taiped. Le décret est signé par le vice-Premier ministre Yannis Dragasakis, le ministre des Finances Euclide Tsakalotos, le ministre de l'Economie Georges Stathakis et le ministre de l'Energie et du développement productif Panos Skourletis.

Fonds de privatisation de 50 milliards d'euros

En novembre 2014, avant l'arrivée d'Alexis Tsipras au pouvoir, l'entreprise allemande avait remporté l'appel d'offres lancée par le Taiped pour 1,23 milliard d'euros assortis d'un loyer de 22,9 millions d'euros que le consortium devra payer chaque année à l'Etat grec. Fraport s'était alors félicité dans un communiqué d'avoir remporté "l'offre de privatisation" de ces aéroports, et d'en devenir "le nouveau propriétaire".

Il s'agit notamment des aéroports de lieux très actifs ou touristiques comme Thessalonique, Corfou, Rhodes, Kos ou encore Santorin. Cette privatisation fait partie de l'accord avec les créanciers du pays voté le 14 août par le Parlement grec. Les créanciers exigent la création d'un fonds de privatisation de 50 milliards d'euros - ports, aéroports, chemins de fer sont notamment concernés - qui sera géré par Athènes mais supervisé par les institutions internationales.

L'aile gauche du Syriza, critique depuis le vote de cet accord qui comprend de nombreuses mesures d'austérité, en échange de 86 milliards d'aide, a immédiatement réagi mardi sur son site à cette décision. "C'est la première action du mémorandum (plan d'aide) en vue d'une vente générale de la Grèce", dénonce dans un article le site de la plateforme de gauche.

D. L. avec AFP