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Pour le gouverneur de la Banque de Grèce, quitter l'euro revient à devenir la Corée du Nord

Yanis Stournaras a utilisé une comparaison pour le moins parlante.

Yanis Stournaras a utilisé une comparaison pour le moins parlante. - Luisa Gouliamaki - AFP

Ioannis Stournaras a cherché à faire taire ceux qui prônent une sortie de la Grèce de l'union monétaire, en les incitant à aller faire un voyage du côté de Pyongyang.

Une fois de plus, la situation est tendue en Grèce. Depuis plusieurs mois les négociations piétinent autour du déblocage du plan d'aide de 86 milliards d'euros négocié à l'été 2015. Les créanciers du pays hellénique, le FMI et la zone euro, divergent sur le diagnostic économique de la Grèce, et donc, sur les efforts à demander.

Cette quasi-tutelle des créanciers grecs fait qu'une partie de l'opinion publique, certes minoritaire, envisage encore de quitter l'euro et revenir à la drachme. Selon un sondage réalisé par l'institut Metron Analysis, ils sont encore 31% à préférer cette issue. 

"Là, ils verront ce qu'il se passerait"

Mais pour le gouverneur de la Banque de Grèce, Ioannis Stournaras, quitter l'euro serait une énorme erreur. Et le haut fonctionnaire hellénique n'hésite pas à jouer les Cassandre pour clore une fois pour toutes le débat. "Ceux qui racontent de telles sottises, comme quoi en cas de sortie de l'euro rien de grave ne nous arriverait, devraient aller faire un tour en Corée du Nord. Là, ils verront ce qu'il se passerait", a-t-il ainsi affirmé devant des députés, selon l'agence de presse allemande DPA.

La Corée du Nord est connue pour sa très grande opacité en termes d'informations. Il est ainsi difficile de savoir très précisément le niveau de vie de ses habitants. Néanmoins, selon le World Factbook de la CIA, le PIB par habitant se chiffrerait à 1.800 dollars PPA (parité pouvoir d'achat), soit moins qu'un pays comme le Sud-Soudan.

J.M.