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Pour Giscard d'Estaing, "la Grèce doit sortir de l'euro"

La sortie de la Grèce de la zone euro ne doit pas être pris comme un échec pour l'Europe, affirme Valery Giscard d'Estaing.

La sortie de la Grèce de la zone euro ne doit pas être pris comme un échec pour l'Europe, affirme Valery Giscard d'Estaing. - Stéphane de Sakutin - AFP

L'ancien Président estime, dans un entretien aux Echos publié ce jeudi 19 février, que l'économie grecque ne peut repartir avec une monnaie aussi forte que l'euro. Il lui faut donc trouver une monnaie dévaluable.

Pour régler ses problèmes, la Grèce doit abandonner l'euro. C'est la solution prônée par Valery Giscard d'Estaing dans une interview publiée ce jeudi par Les Echos.

"La question fondamentale est de savoir si l'économie grecque peut repartir et prospérer avec une monnaie aussi forte que l'euro. La réponse est clairement négative. Mais au lieu de se concentrer sur ce sujet de fond et d'y répondre, les Européens se focalisent sur la dette grecque", déclare l'ancien Président français (1974-1981).

Seule issue: la Grèce doit retrouver une monnaie dévaluable. "Il faut donc envisager ce scénario très calmement, à froid, dans l'intérêt de la Grèce elle-même. Il est absurde de dire qu'il s'agirait d'un échec de l'Europe", explique VGE.

Une sortie qui prépare un éventuel retour

"La Grèce a toute sa place dans l'Union européenne, assure cependant VGE. En quittant l'usage de l'euro, elle ne ferait que rejoindre des pays comme le Royaume-Uni, la Suède, la République tchèque, etc., qui ne l'ont pas adopté. Mieux: cette sortie lui permettrait de préparer un éventuel retour, plus tard. Ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l'intérêt mutuel de chacun. C'est ce que j'appellerais une +friendly exit+, une sortie dans un esprit amical", poursuit M. Giscard d'Estaing.

Le nouveau gouvernement anti-austérité d'Alexis Tsipras s'est fait élire sur un programme "irréalisable avec une monnaie forte", selon lui. "La production de la Grèce ne peut redevenir compétitive avec le niveau actuel de l'euro. Par conséquent, elle n'est pas en mesure d'appliquer son programme économique, notamment la hausse du salaire minimum et l'extension des avantages sociaux."

"L'entrée de la Grèce dans l'euro en 2001 fut une erreur évidente. J'étais contre à l'époque et je l'ai dit. Les Allemands étaient contre, eux aussi. Ils l'ont acceptée parce que d'autres, notamment la France, ont insisté en ce sens." 

De son côté Nicolas Sarkozy, s'est montré très pessimiste sur l'avenir du nouveau gouvernement grec. L'ancien président a déclaré, sur Europe 1 ce jeudi, qu'il n'y avait aucune chance qu'Alexis Tsipras réussisse à la tête de la Grèce. Et que la priorité est de dire aux grecs qu'ils doivent payer leurs dettes.

C.C. avec AFP