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Pour Berlin, l'Europe doit aider la Grèce à lutter contre l'évasion fiscale

Sigmar Gabriel plaide pour que l'Europe prête main forte à la Grèce dans la lutte contre l'évasion fiscale

Sigmar Gabriel plaide pour que l'Europe prête main forte à la Grèce dans la lutte contre l'évasion fiscale - Tobias Schwarz - AFP

Pour le ministre allemand de l'Economie, la Grèce sera aidée par l'Union européenne si son nouveau gouvernement décide vraiment de s'attaquer à l'évasion fiscale.

Berlin est d'accord pour prêter main forte à Athènes. Ce mardi 3 février, le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel a indiqué que l'Union européenne devrait aider la Grèce à lutter contre l'évasion fiscale.

"Si le nouveau gouvernement formé par Alexis Tsipras, chef de file de la gauche radicale, est décidé à mener cette mission à bien, l'UE doit lui apporter un soutien actif", déclare-t-il ainsi, cité par le tabloïd allemand Bild, le titre de presse le plus vendu en Allemagne.

"Cela passe notamment par le gel des avoirs et des comptes des Grecs très fortunés responsables de graves fraudes fiscales qui vivent dans l'UE", dit-il.

L'évasion fiscale est l'une des plaies de l'économie grecque, où elle représente entre 12 et 20% du PIB national, soit entre 40 et 50 milliards d'euros.

L'ancien ministre des Finances concerné

Ce fléau était allé jusqu'à frapper l'ancien ministre des Finances Georges Papandréou en 2012. Plusieurs proches de ce dernier, dont sa mère Margaret, auraient figuré sur la "liste Lagarde", nom d'une liste transmise en 2010 par l'ancienne ministre de l'Economie française de Nicolas Sarkozy. Ce document comportait 2.059 noms de Grecs ayant placé de l'argent dans la filiale suisse de la banque HSBC.

Dans un rapport datant de 2013, le FMI citait plusieurs raisons pour expliquer l'enclin des Grecs à avoir recours à l'évasion fiscale. Parmi elles, un système fiscal perçu comme "injuste" par la population, mais aussi des services publics jugés peu satisfaisants par les Grecs.

"La qualité de service offerte par la Grèce à ses citoyens est faible, avec d'importants temps d'attente et des procédures bureaucratiques excessives", écrivait alors l'institution internationale. "En conséquence, les Grecs dépendent en grande partie de services coûteux issus du secteur privé, que ce soit pour l'éducation, la santé ou les autoroutes", ajoutait-elle. Le FMI recommandait ainsi à la Grèce à la fois de simplifier son système fiscal et de renforcer son arsenal législatif.

La Bourse d'Athènes s'envole

Ce mardi 3 février, l'indice général de la Bourse d'Athènes, l'Athex, connaissait une hausse spectaculaire, progressant de plus de 11,33% vers 14h15. Tout au long de la journée les marchés grecs ont évolué en nette hausse. La Bourse d'Athènes avait ainsi ouvert en hausse de plus de 4%, puis avait progressé pour atteindre +7% à la mi-séance. Le fait que le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, en tournée européenne, évoque dans le Financial Times "un programme d'échange de dettes" incluant des obligations indexées sur la croissance a consolidé l'optimisme.

Julien Marion avec Reuters