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Pour Benjamin Morel, Macron joue à "quitte ou double" avec le gouvernement Castex

Invité sur le plateau de "12H, L'Heure H", le politologue est revenu sur le remaniement et le pari du chef de l'Etat pour tenter de reprendre en main sa cote de popularité.

"C'est une forme de quitte ou double." Sur le plateau den 12H, l'Heure H, le politologue Benjamin Morel est revenu sur la nomination de Jean Castex à Matignon. Un pari pour Emmanuel Macron qui cherche encore à trouver la bonne posture présidentielle. "Il y a une forme, non pas de disparition du Premier ministre depuis le quinquennat, mais une forme d'inversion des rôles" avec le président de la République, commente Benjamin Morel.

"Quand vous prenez les structures de la popularité d'Edouard Philippe ces derniers mois ou la structure de la popularité de François Fillon quand il était Premier ministre, vous voyez que c'est plus les structures de popularité d'un Mitterrand ou d'un Chirac, jadis. C'est-à-dire une sorte de distanciation vis-à-vis de l'action" souligne-t-il.

Hyperprésidence

"Le président, depuis le quinquennat, est celui à qui sont imputés, rarement les succès, mais toujours en revanche les échecs" explique le politologue. "Donc pour Emmanuel Macron, il y a cette volonté de renouer avec une forme d'hyperprésidence en disant : 'certes, je suis comptable des échecs mais je veux également être comptable des succès. Il n'est pas certain qu'en pleine crise sociale, ce soit forcément à son avantage. En tout cas, c'est un risque qu'il prend."

En réalité, depuis l'avènement du quinquennat, "on a des présidents qui se cherchent, ce n'est pas nouveau" rappelle Benjamin Morel. Jacques Chirac était encore "une forme de continuité" même si sa popularité a largement chuté en fin de mandat. "Puis Nicolas Sarkozy a cherché justement à manger Matignon" tandis que Hollande a montré que "la présidence normale ne fonctionnait pas non plus".

"Emmanuel Macron est en recherche aujourd'hui de cette posture qui serait la bonne posture" martèle le politologue. "La réalité, c'est que si vous conjuguez les effets du quinquennat, les effets des réseaux sociaux, les effets d'une hyperinformation, (…) il est aujourd'hui extrêmement difficile de camper la position d'un François Mitterrand, d'un général de Gaulle ou même d'un Jacques Chirac." Emmanuel Macron est donc prévenu.

Thomas Leroy