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Pénicaud : « Nous inventons une flexisécurité à la française »

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Invitée de l’émission 12H, l’heure H depuis Davos, la ministre du Travail a évoqué l’importance du volet « social » dans le monde de l’entreprise.

C’est une présence qui a fait grincé quelques dents. La ministre du Travail Muriel Pénicaud était au forum économique de Davos. Une venue qu’elle assume totalement, assurant vouloir plaider pour l’importance du « social » au cœur des entreprises. « Un certain nombre d’entreprises se rendent compte que, si nous n’avons pas plus de régulation sociale de la mondialisation, on va dans le mur » assure-t-elle lors de l’émission 12H, l’heure H.

A Davos, la ministre a lancé une proposition : une « task force des investisseurs » pour définir et prendre en compte les « critères économiques et sociaux, comme les critères financiers » des entreprises. « J’espère qu’ils feront ça pour l’année prochaine. »

Et la ministre entend bien appliquer cette doctrine en France. « Nous sommes en train d’inventer une flexisécurité à la française » explique-t-elle. « Il faut de l’agilité pour les entreprises, pour qu’elles puissent créer de l’emploi et il faut de la sécurité pour ceux qui travaillent », reconnaissant qu’il y avait « aujourd’hui un monde du travail très précarisant pour beaucoup » de travailleurs. « Je crois beaucoup à ce modèle, je crois qu’on est en train de l’inventer en France. »

Sur le chômage, des « signaux positifs »

Elle est aussi revenue sur les mesures du gouvernement pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes. « La loi a été votée le 5 septembre (…) les entreprises ont 3 ans pour se conformer » a-t-elle souligné. Mais « toutes les entreprises de plus de 1000 salariés ont jusqu’au 1er mars pour donner les premiers résultats de leurs mesures. Le 8 mars, on pourra en reparler. »

Sur le volet du chômage, la ministre du Travail s’est montrée optimiste. « On sort de 30 ans de chômage de masse. Ce n’est pas en mettant une rustine que l’on va le régler » souligne-t-elle. « On a quand même fait des progrès. On a créé 250 000 emplois nets depuis un an. Il y a des signaux positifs mais il faut aller beaucoup plus loin. »

Elle est enfin revenue sur les négociations autour de l’assurance-chômage qui peinent à aboutir, alors que la date limite, en février se rapproche à grands pas. « J’espère que les négociations vont aboutir, sinon nous prendrons nos responsabilités » a-t-elle affirmé, rappelant qu’en cas d’échecs des négociations, le gouvernement reprendrait la main sur le dossier.