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Paris veut pousser l’Allemagne à investir davantage

Michel Sapin et Emmanuel Macron ont rendez-vous avec leurs homologues allemands à Berlin pour un conseil économique et financier.

Michel Sapin et Emmanuel Macron ont rendez-vous avec leurs homologues allemands à Berlin pour un conseil économique et financier. - Bertrand Guay - AFP

Les ministres français et allemands des Finances et de l'Economie se retrouvent pour un Conseil économique et financier ce mardi 2 décembre. L’occasion pour Paris de demander une nouvelle fois à son partenaire un effort sur l’investissement.

Michel Sapin et Emmanuel Macron ont rendez-vous à Berlin, ce mardi 2 décembre, pour un conseil économique et financier franco-allemand. Les deux ministres français vont une nouvelle fois tenter de pousser l'Allemagne à investir davantage, et sont de plus en plus soutenus outre-Rhin.

Le gouvernement français n'est, en effet, plus le seul à le dire: de plus en plus d'Allemands considèrent que leur pays n'investit pas assez. C'est même l'un des économistes les plus réputés, le responsable de l'un des quatre instituts de conjoncture allemands, qui a levé le tabou. Pour lui, Berlin devrait investir 75 milliards d'euros supplémentaires par an plutôt que de se raccrocher à tout prix à l'équilibre budgétaire, "un objectif de prestige".

Depuis, beaucoup d'autres institutions se sont engouffrées dans la brèche. L'investissement doit être un combat prioritaire, affirme ainsi la plus grosse organisation syndicale du pays. Même discours enfin du côté de la fédération allemande du bâtiment qui exhorte, elle aussi, le gouvernement à relancer la croissance par l'investissement. En clair, la polémique est en train d'enfler au sein même de l'Allemagne. Une polémique sur laquelle le gouvernement français compte bien s'appuyer pour faire bouger les lignes.

Berlin propose 10 milliards d'investissements sur trois ans

La semaine dernière, le rapport très commenté de deux économistes, le Français Jean Pisany-Ferry et l’Allemand Henrik Enderlein enjoignait déjà l’Allemagne à éviter le "contentement excessif", et de cesser de "procrastiner" face à de "sérieux défis de long terme". "L’Allemagne ne prépare pas du tout son avenir", déclarait même Jean Pisany-Ferry sur BFM Business. Pour y remédier, le rapport préconise que la première puissance économique européenne investisse 24 milliards d’euros supplémentaires dans les trois ans qui viennent.

Le 6 novembre dernier, Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, avait pourtant annoncé une rallonge de 10 milliards d’euros d’investissements publics jusqu’en 2018, espérant ainsi favoriser un effet de levier permettant quelque 50 milliards d’investissements privés. Paris, de son côté, ne l’entend pas de cette oreille, et plaide pour un vrai geste de son principal partenaire.

Caroline Morisseau avec BFMBusiness.com