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Paris va demander 50 milliards d'euros d'investissements à Berlin

Emmanuel Macron estime que Berlin doit investir autant que la France économise, soit 50 milliards d'euros.

Emmanuel Macron estime que Berlin doit investir autant que la France économise, soit 50 milliards d'euros. - Yoan Valat - AFP

Emmanuel Macron et Michel Sapin rendent, ce lundi 20 octobre, visite à leurs homologues allemands à Berlin pour évoquer plusieurs questions économiques. Les deux ministres ont notamment en tête de demander à l'Allemagne d'investir 50 milliards d'euros.

Paris va tenter de convaincre Berlin de prendre des mesures pour relancer l'économie en zone euro.

Ce lundi 20 octobre, les ministres de l'Economie et des Finances, Emmanuel Macron et Michel Sapin, se déplacent à Bruxelles pour rencontrer leurs homologues allemands.

Ils évoqueront les moyens de redynamiser les investissements et la croissance dans l'ensemble de l'Europe. Une conférence de presse commune est prévue à 15h15, heure française.

Les ministres français ont déjà fait part de leur revendication. Dans une Interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Emmanuel Macron affirme "qu'il est dans notre intérêt collectif que l'Allemagne investisse". "50 milliards d'euros d'économies chez nous, 50 milliards d'investissements chez eux, ce serait un bon équilibre", poursuit le ministre de l'Economie.

Investir pour la reprise

La France s'est engagée auprès de Bruxelles à effectuer 50 milliards d'euros d'économies dans les trois prochaines. Emmanuel Macron réclame ainsi des investissements de même ampleur à l'Allemagne.

Le ministre de l'Economie continue ainsi un travail mené de front par François Hollande. Dès le mois d'août le président de la République réclamait à l'Allemagne d'investir davantage pour favoriser la reprise.

A l'inverse de Paris qui peine à tenir ses objectifs de déficit, il est vrai que Berlin a une situation budgétaire enviable.

Des divergences importantes

Mais les divergences entre Paris et Berlin sont importantes. Là où la France met en exergue la nécessité d'investir pour sortir la zone euro de l'ornière, l'Allemagne estime que la solution passe par l'assainissement des finances publiques.

Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, a ainsi reconnu dimanche dans le Welt am Sonntag que l'Allemagne devait investir plus. "Mais nous ne voulons pas de croissance à crédit", a-t-il ajouté. Il a réaffirmé son objectif premier: le "zéro pointé" du déficit fédéral. "C'est le seul moyen de générer la confiance", pour lui.

Quant à Sigmar Gabriel, le ministre allemand de l'Economie, il est sur la même ligne. "Il n'y a aucune raison pour le gouvernement allemand de dévier de la ligne de sa politique économique, budgétaire et sociale", avait-il affirmé le 14 octobre dernier, après que l'Allemagne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2014 et 2015.

Julien Marion avec AFP