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Paris et Berlin mettent Chypre au pied du mur

François Hollande rappelle à Chypre l'ampleur des efforts à effectuer

François Hollande rappelle à Chypre l'ampleur des efforts à effectuer - -

Le président de la République a, ce mercredi 20 mars, insisté sur la nécessité pour le pays d'apporter la "contribution convenue" au plan de sauvetage européen. Il s'exprimait à la sortie d'un entretien avec son homologue chypriote Nicos Anastasiades.

François Hollande remet Chypre face à ses obligations. A l'issue de son entretien avec son homologue chypriote, Nicos Anastasiades, l'Elysée a indiqué que le président de la République a insisté, durant cet échange, sur la nécessité d'une "solution durable" à la crise que connaît actuellement le pays.

Mais, surtout, François Hollande a souligné l'importance pour l'île d'apporter la "contribution convenue" au plan de sauvetage européen, soit 6 milliards d'euros. Une somme que devait rapporter la taxe bancaire. Le Parlement chypriote a, en effet, rejeté, mardi 19 mars, le plan d'aide européen accordé au pays qui prévoyait, en contrepartie, l'instauration de cette taxe controversée, portant sur les dépôts bancaires.

Angela Merkel avait, elle, fait officiellement preuve de compréhension vis-à vis de Chypre, ce mercredi 20 mars. La chancelière allemande a ainsi déclaré, à l'issue d'une réunion parlementaire, qu'"elle regrette le vote du parlement hier. Mais naturellement, nous le respectons".

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Angela Merkel, sur ce dernier point, a néanmoins estimé que l'île doit se doter d'un secteur bancaire "soutenable", ce qui à ses yeux, "n'est pas le cas actuellement". "Nous allons poursuivre les négociations, principalement par le truchement de la troïka (BCE, FMI et Union européenne, ndlr). Nous étudierons toute proposition que fera Chypre. L'Allemagne souhaite une solution", a-t-elle ajouté.

Ce mercredi 20 mars, Bernard Cazeneuve, ministre sortant des Affaires européennes, et désormais en charge du Budget, avait déjà indiqué qu'"il faut désormais renégocier avec la troïka".

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Une rencontre Barroso Poutine prévue jeudi

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a, ce mercredi, déclaré que le plan de sauvetage de l'économie chypriote tel qu'il avait été présenté par les autorités de ce pays était "une erreur".

De son côté Bruxelles a affirmé vouloir une solution garantissant une dette soutenable. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, doit rencontrer jeudi 21 mars, le président russe Vladimir Poutine pour évoquer le dossier chypriote.

La Russie possède, en effet, au bas mot, 20 milliards de dollars de dépôts dans les banques chypriotes et est ainsi l'un des pays les plus concernés par la crise.

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Le ministre des Finances chypriote, Michalis Sarris, se trouve d'ailleurs à Moscou, ce mercredi, pour rencontrer le président Vladimir Poutine. Les deux hommes ont discuté des modalités de remboursement d’une dette de 2,5 milliards d’euros de Nicosie envers la Russie. Mais aucun résultat tangible selon des indiscrétions.

J.M. avec Reuters