BFM Business

Nicolas Sarkozy veut renforcer le rôle de l'Etat actionnaire

L'EMPLOI DANS L'INDUSTRIE

L'EMPLOI DANS L'INDUSTRIE - -

MARIGNANE, Bouches-du-Rhône - L'Etat participera plus activement à la définition de la politique industrielle des entreprises dans lesquelles il est...

MARIGNANE, Bouches-du-Rhône (Reuters) - L'Etat participera plus activement à la définition de la politique industrielle des entreprises dans lesquelles il est actionnaire, annonce Nicolas Sarkozy.

Le président français tirait les conclusions de trois mois d'Etats généraux de l'industrie, dans un discours sur le site d'Eurocopter à Marignane, dans le sud-est de la France.

"L'Etat va profondément revoir son rôle d'actionnaire des grandes entreprises industrielles", a-t-il déclaré.

"La représentation de l'Etat dans les entreprises dont l'Etat est propriétaire ou copropriétaire c'est un sujet majeur", a-t-il ajouté.

Il a précisé que l'Etat devrait désormais être représenté dans toute entreprise dont il est actionnaire par au moins deux administrations, d'une part l'Agence des participations de l'Etat (APE), d'autre part le ministère de l'Industrie ou le ministère du secteur concerné.

Il a ajouté qu'il souhaitait que la direction de ces grandes entreprises ait deux fois par an un échange avec l'Etat actionnaire sur sa stratégie, ses investissements et ses résultats.

Le président de la République souhaite améliorer les relations entre les entreprises publiques ou celles dans lesquelles l'Etat à une part importante, et leur autorité de tutelle, explique son entourage.

Il s'agit d'"assurer une tutelle industrielle et non plus seulement financière des grands groupes publics", souligne l'entourage du président.

Dans les entreprises industrielles qui ne sont pas sous la cotutelle d'un ministère technique spécifique, un administrateur du ministère de l'Industrie sera nommé systématiquement à côté de celui de l'Agence des participations de l'Etat (APE).

Cela concernera essentiellement Renault, La Poste et France Télécom, précise un document remis à la presse par l'Elysée.

LE PRÉCÉDENT DE RENAULT

Un rapport annuel présentant la politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et la politique d'"accompagnement des salariés" sera demandé à l'ensemble des entreprises relevant du périmètre APE.

Enfin, précise le document, le gouvernement entend "mieux anticiper les successions à la tête des grandes entreprises".

Nicolas Sarkozy avait auparavant visité le site d'Eurocopter, filiale du groupe aéronautique européen EADS dont l'Etat français possède 15% du capital.

La question du rôle de l'Etat dans la définition de la stratégie industrielle de ce type d'entreprise s'est posé à propos du projet du constructeur automobile Renault, où l'Etat est actionnaire à hauteur 15%, de fabriquer sa Clio de quatrième génération en Turquie.

Nicolas Sarkozy a obtenu en janvier l'engagement du P-DG Carlos Ghosn que le Renault fabriquera une partie de la Clio IV dans son usine de Flins, près de Paris. Les représentants de l'Etat participeront par ailleurs, désormais, à un comité chargé de définir la stratégie industrielle du groupe.

"Il y a une volonté de rendre cette approche systématique" partout où l'Etat détient une part substantielle du capital de l'entreprise", explique l'Elysée.

Outre Renault, EADS, La Poste et France Télécom (13%), c'est le cas d'Areva (100%), SNCF (100%), EDF (84%), Aéroports de Paris (52%), GDF Suez (36%), Safran (30,00%), Thales (27%), Air France-KLM (15%), etc.

"L'Etat ne peut pas être simplement dans la situation de celui que l'on vient solliciter pour être garanti contre les risques majeurs", souligne un conseiller du président. "Cela suppose aussi qu'il a un droit de dialoguer avec l'entreprise lorsqu'on n'est pas dans la situation de risque majeur."

Cette présence systématique de représentants des ministères de tutelle aux côtés de ceux de l'APE se fera au fur et à mesure des nominations dans les conseils d'administration, précise l'Elysée. "Il y aura des cas d'espèce rapidement", assure un conseiller de Nicolas Sarkozy.

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet