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Nicolas Sarkozy plaide pour la filière nucléaire française

A Paris, Nicolas Sarkozy a prononcé lundi une vibrante défense du développement du nucléaire civil dans le monde, qui a souvent résonné comme un plaidoyer pour la filière nucléaire française en pleine réflexion sur son avenir. /Photo prise le 8 mars 2010/

A Paris, Nicolas Sarkozy a prononcé lundi une vibrante défense du développement du nucléaire civil dans le monde, qui a souvent résonné comme un plaidoyer pour la filière nucléaire française en pleine réflexion sur son avenir. /Photo prise le 8 mars 2010/ - -

PARIS - Nicolas Sarkozy a prononcé lundi une vibrante défense du développement du nucléaire civil dans le monde, qui a souvent résonné comme un...

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a prononcé lundi une vibrante défense du développement du nucléaire civil dans le monde, qui a souvent résonné comme un plaidoyer pour la filière nucléaire française en pleine réflexion sur son avenir.

Le président français ouvrait une conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil organisée par la France, devant les grands patrons de cette filière et un aréopage de ministres étrangers chargés de l'énergie.

Nicolas Sarkozy, qui n'a eu de cesse depuis son élection en 2007 d'offrir les services de l'industrie nucléaire française aux pays où il est allé, a comparé le regain d'intérêt actuel pour l'énergie atomique à la Renaissance.

Il s'en est pris aux anti-nucléaires et aux militants de la décroissance, qui ferment, selon lui, "la porte du progrès et du mieux vivre à ceux qui n'ont rien".

"Les idéologies de la décroissance sont des idéologies égoïstes qui veulent maintenir les pauvres dans la pauvreté", a déclaré le chef de l'Etat.

L'énergie nucléaire, couplée aux énergies renouvelables, est seule à même de préserver le climat et doit être développée hors du club de pays riches qu'est l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a-t-il poursuivi.

Il a déploré que les grandes institutions financières mondiales ne financent pas les projets nucléaires civils.

"La situation actuelle revient, en fait, à condamner les pays à une énergie plus chère et plus polluante", a-t-il dit. "Exigeons que la Banque mondiale, que la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement-NDLR), que les banques de développement s'engagent résolument dans le financement d'une énergie nucléaire civile propre."

Nicolas Sarkozy a dénoncé le "scandale" de l'attribution des crédits carbone, dont ne bénéficie pas le nucléaire civil "pour des raisons idéologiques d'un autre temps". Il a proposé que toutes les énergies décarbonées, y compris nucléaire, puissent être financées par les crédits CO2.

"Et j'appelle tous les pays qui partageraient cette position à nous rejoindre", a-t-il lancé.

ÉCOLE INTERNATIONALE DU NUCLÉAIRE

Il a admis qu'il y avait un travail de conviction, d'explication et de transparence à faire auprès des populations et a insisté sur la priorité à donner à la formation pour maîtriser tous les aspects de l'énergie électro-nucléaire, face à une pénurie massive de spécialistes dans le monde.

Nicolas Sarkozy a annoncé la création en France d'un Institut international de l'énergie nucléaire, qui abritera une Ecole internationale du nucléaire sur deux sites - à Saclay, près de Paris, et à Cadarache, dans le sud-est de la France.

Cet institut fera partie d'un réseau international dont le premier centre sera installé en Jordanie, a-t-il précisé.

La sûreté nucléaire, a-t-il souhaité, doit devenir une "priorité collective" et il a demandé qu'un organe indépendant, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), établisse "sur des bases techniques et scientifiques incontestables une grille d'analyse internationale".

Cette grille permettra de classer les réacteurs proposés sur le marché selon le critère de la sûreté "car, aujourd'hui, le marché ne classe que selon le critère du prix", a-t-il dit.

Un important marché nucléaire aux Emirats arabes unis a échappé fin 2009 à un consortium français et a été remporté par la Corée du Sud, nettement moins chère mais moins expérimentée.

Nicolas Sarkozy a souhaité la mise en place, dans le cadre de l'AIEA, de garanties collectives d'approvisionnement en combustible nucléaire et la création d'une "banque du combustible" financée par des contributions internationales.

Enfin, en matière de gestion des déchets, il a estimé que la voie du retraitement-recyclage, sur laquelle la France a misé, de même que le Japon et la Russie, était "la plus prometteuse".

La France continuera à mettre ses installations de retraitement et de recyclage au service de tous les pays qui n'en disposent pas, a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a demandé fin 2009 à l'ancien président d'EDF François Roussely de lui remettre en avril un rapport sur la réorganisation de la filière nucléaire française.

Emmanuel Jarry, édité par Gilles Trequesser