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Nicolas Sarkozy évoque une présidence plus politique en 2011

Nicolas Sarkozy, qui a reçu 276 députés de l'UMP mercredi, a laissé entendre qu'il pourrait briguer un nouveau mandat en déclarant qu'après avoir mené à bien les grandes réformes, il entendait "parler politique" à compter de la mi-2011. /Photo prise le 5

Nicolas Sarkozy, qui a reçu 276 députés de l'UMP mercredi, a laissé entendre qu'il pourrait briguer un nouveau mandat en déclarant qu'après avoir mené à bien les grandes réformes, il entendait "parler politique" à compter de la mi-2011. /Photo prise le 5 - -

par Yann Le Guernigou PARIS - Nicolas Sarkozy a laissé entendre mercredi qu'il pourrait briguer un nouveau mandat en déclarant qu'après avoir mené...

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a laissé entendre mercredi qu'il pourrait briguer un nouveau mandat en déclarant qu'après avoir mené à bien les grandes réformes, il entendait "parler politique" à compter de la mi-2011.

Le chef de l'Etat, qui a reçu 276 députés de l'UMP, "a donné des éléments sur le planning, d'abord les retraites, ensuite la dépendance, un certain nombre de sujets qui ont trait à la vie quotidienne de nos compatriotes", a rapporté le député de Seine-Saint-Denis Eric Raoult.

"Et puis j'ai cru comprendre qu'en juin-juillet 2011, on reparlerait peut-être un tout petit peu plus de politique, c'est-à-dire qu'on pourra peut-être aborder l'échéance de 2012", a-t-il ajouté.

"On fera de la politique au gouvernement, on sera peut-être un peu moins dirigeants et un peu plus militants (...) S'il a dit cela, ça veut peut-être dire quand même qu'il a une idée en tête", a-t-il déclaré à des journalistes.

"Nous avons immédiatement interprété cela comme : 'je me représente'", rapporte une participante à la réunion à propos des déclarations de Nicolas Sarkozy, qui a déjà indiqué qu'il attendrait la fin de l'été ou le début de l'automne 2011 pour annoncer ses intentions pour la présidentielle 2012.

Le président recevait les députés UMP pour la deuxième fois depuis la lourde défaite de son parti aux régionales de mars, qui avait suscité de sévères critiques sur sa politique et son style au sein de son propre camp.

Il a depuis donné des gages aux élus, avec par exemple le report d'une taxe carbone impopulaire, en même temps qu'il décidait de concentrer ses interventions sur quelques grands thèmes comme l'insécurité, le chômage ou l'agriculture.

Selon plusieurs députés, le chef de l'Etat a répondu mercredi à toutes les questions sur les grands sujets du moment - crise grecque, régulation de la finance, insécurité, retraites, agriculture - mais s'est refusé de les évoquer "sur le plan strictement partisan ou électoral".

AUX PARLEMENTAIRES DE DÉCIDER

"Il a clairement dit que sur un certain nombre de sujets, c'était aux parlementaires de décider, c'était aux parlementaires d'en débattre et que quant à lui, il s'en tenait à la stratégie", a déclaré le député Jacques Myard.

C'est notamment le cas sur la réforme du mode de scrutin pour les conseillers territoriaux, sur laquelle il entend laisser la main au gouvernement ou au Parlement.

"J'ai très nettement perçu un changement de méthode", a dit Jacques Myard. "On sent maintenant qu'il prend véritablement la mesure de ce qui est de son niveau et de ce qui doit être du niveau du Premier ministre et des ministres. On a le sentiment que ce que nous avions dit les uns et les autres après l'échec des régionales a été entendu."

Sur le rythme des réformes, Nicolas Sarkozy a parlé d'abord des retraites, puis de la dépendance et des collectivités territoriales, ces dernières réformes devant aboutir début 2011.

A propos de la réforme de la procédure judiciaire, il a confirmé "qu'il fallait prendre le temps de dialoguer".

"J'ai plutôt compris qu'elle serait faite, mais en prenant son temps", a dit le député du Val-de-Marne Michel Herbillon.

Une participante a ajouté que le chef de l'Etat avait laissé entendre que cette réforme contestée par le monde judiciaire "ne serait pas totalement achevée avant la fin de son mandat".

Proche de Dominique de Villepin, la députée du Val-de-Marne Marie-Anne Montchamp a estimé que Nicolas Sarkozy "ferait bien de faire de la politique dès maintenant", sans attendre 2011.

"On a besoin de visibilité, on a besoin d'avoir une fonction présidentielle qui donne encore une fois le cap car le contexte est difficile et troublé, l'actualité est pleine des difficultés économiques de nos voisins européens (...) je pense que nous avons besoin d'être rassuré sur la volonté de maintenir notre modèle social et de préserver nos compatriotes en cas de deuxième vague de crise économique."

Edité par Yves Clarisse