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Nicolas Sarkozy annonce un complément d'aides aux agriculteurs

En visite au salon de l'Agriculture, Nicolas Sarkozy a annoncé une augmentation de 800 millions d'euros, pour la porter à 1,8 milliard d'euros, de l'enveloppe de prêts bonifiés destinés à la consolidation des trésorerie des agriculteurs. /Photo prise le 6

En visite au salon de l'Agriculture, Nicolas Sarkozy a annoncé une augmentation de 800 millions d'euros, pour la porter à 1,8 milliard d'euros, de l'enveloppe de prêts bonifiés destinés à la consolidation des trésorerie des agriculteurs. /Photo prise le 6 - -

par Yann Le Guernigou PARIS - Nicolas Sarkozy s'est engagé samedi à se battre pour l'agriculture "avec la même énergie" que contre la crise...

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est engagé samedi à se battre pour l'agriculture "avec la même énergie" que contre la crise financière et exprimé sa volonté de défendre la "préférence communautaire" dans le secteur au niveau européen.

En visite au salon de l'Agriculture à l'avant-dernier jour de la manifestation, le chef de l'Etat a annoncé en outre une augmentation des aides d'urgence dévoilées en octobre dernier pour aider les exploitants à traverser la crise actuelle.

"L'argent sera là pour financer tout ce qui vous permettra de passer le gros de la crise", a-t-il dit lors d'une table ronde avec des représentants des organisations agricoles.

Il avait passé auparavant deux heures dans les allées du salon pour une visite ponctuée de rencontres avec des exploitants, éleveurs ou producteurs de fruits et légumes, qui lui ont fait part de leurs difficultés.

Confrontés à une chute de 34% de leurs revenus l'an passé, qui faisait suite à une première baisse de 20% en 2008, Nicolas Sarkozy leur a promis qu'il ferait pour l'agriculture "ce que nous avons essayé de faire quand il y a eu la crise financière".

"On a évité l'implosion du système. Je me battrai sur le front mondial et européen avec la même énergie", a-t-il assuré.

Dans l'immédiat, il a indiqué que l'enveloppe de prêts bonifiés d'un milliard d'euros annoncée en octobre pour le soutien à la trésorerie des agriculteurs était augmentée à 1,8 milliard.

De même, il a porté à 150 millions d'euros les fonds, prévus à l'origine pour 100 millions, destinés à aider les agriculteurs les plus endettés à faire face à leurs intérêts d'emprunts.

Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, s'est félicité des ces annonces mais a indiqué que la meilleure réponse à la crise serait que "les cours se redressent".

Au-delà de ces mesures conjoncturelles, Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité de trouver des solutions structurelles, au niveau français et européen, pour assurer la pérennité d'un secteur qu'il a qualifié de "stratégique" pour la France.

Il a réaffirmé la nécessité de mieux réguler l'agriculture et indiqué son intention de porter le combat sur les prix au niveau du G20.

SOUPLE SUR LES SUBVENTIONS

S'agissant de la réforme de la Politique agricole commune, prévue à l'horizon 2013, il s'est dit prêt à accepter une baisse de la part des dépenses agricoles dans le budget de l'UE "à condition que l'on fasse de la préférence communautaire".

"Il est anormal qu'on continue à importer en Europe des viandes de pays qui n'ont aucune règle de traçabilité", a-t-il donné comme exemple, ajoutant : "On est souple sur la question des subventions mais on sera rigide sur la question de la préférence communautaire et la question des prix".

Il a annoncé son intention de proposer à la chancelière Angela Merkel une démarche commune franco-allemande pour trouver des outils de régulation des marchés agricoles qui pourraient être mis en oeuvre en Europe ainsi que leur financement.

Pour le marché français, il a invité les producteurs à se regrouper et mieux structurer leurs filières afin de négocier en meilleure position face à la grande distribution.

"S'il n'y a pas de regroupement, vous ne pèserez pas dans les discussions", a-t-il déclaré. Il a plaidé également pour la contractualisation des relations entre les agriculteurs et leurs clients, industriels et distributeurs, qui est un des points clés de la dernière loi de modernisation de l'agriculture.

"Vous avez besoin de lisibilité. Il faut pouvoir discuter des accords de prix, de la qualité des produits, sur le long terme", a-t-il indiqué.

Au passage, il s'est prononcé pour une modification du droit de la concurrence pour l'agriculture, souhaitant qu'"on puisse fixer un prix par interprofession sans qu'on crie au cartel".

"Je ne vois pas pourquoi on serait dans la situation où on interdit à la distribution les ventes à perte et où le producteur agricole serait lui obligé de vendre à perte, en-dessous de son prix de revient".

Sensible à la demande de "pause environnementale" exprimée par les syndicats agricoles en cette période de crise aiguë, le chef de l'Etat a enfin déclaré qu'un groupe de travail allait plancher sur la mise en oeuvre des mesures prévues dans le Grenelle de l'environnement.

Il aura pour mission de regarder ce qui se fait en la matière chez les partenaires européens de la France, d'évaluer l'impact économique et social des mesures environnementales dans les différentes filières et d'en chiffrer le bénéfice attendu pour la société.

Edité par Véronique Tison