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Muriel Pénicaud: "Les contrats aidés seront ciblés vers ceux qui en ont le plus besoin"

Le gouvernement prévoit une enveloppe de 310.000 contrats aidés en 2017 contre 459.000 signés en 2016 puis une nouvelle baisse en 2018.

Le gouvernement prévoit une enveloppe de 310.000 contrats aidés en 2017 contre 459.000 signés en 2016 puis une nouvelle baisse en 2018. - Christophe Archambault-AFP

Dans Le Monde, la ministre du Travail réitère ses critiques sur les emplois aidés, qui devront cibler ceux qui sont les plus éloignés de l'emploi et les secteurs en ayant le plus besoin. Elle se veut rassurante sur la réforme du code du travail, estimant qu'il n'y aura pas de "casse sociale".

Muriel Pénicaud a réitéré ses critiques sur les emplois aidés en dépit de l'émoi que la réduction de leur nombre suscite chez les collectivités locales et le secteur associatif. Dans un entretien sur le site internet du quotidien Le Monde, la ministre du Travail déclare: "II n'est pas raisonnable de faire croire que c'est une solution efficace, quand seulement un demandeur d'emploi sur quatre dans le secteur non marchand trouve ensuite un emploi durable".

Enfonçant le clou, Muriel Pénicaud souligne que ces contrats "subventionnés par l'État" sont "précaires, souvent à temps partiel" et ne peuvent être "l'instrument majeur de la politique de l'emploi".

Elle critique aussi ouvertement la politique du gouvernement précédent, qui selon elle, "avait non seulement réduit l’enveloppe annuelle des contrats aidés, mais en avait déjà consommé 70%" . Le gouvernement prévoit pour cette année une enveloppe de 310.000 contrats aidés contre 459.000 signés en 2016 et une nouvelle baisse en 2018.

L'accompagnement des élèves handicapés et l'outre-mer seront ciblés

Pour répondre aux critiques de ceux qui s'émeuvent de ces réductions, la ministre déclare: "C'est faux de dire qu'on va les supprimer: on va les cibler sur les personnes les plus éloignées de l'emploi et dans les secteurs où il y en a le plus besoin, notamment pour l'accompagnement des élèves handicapés, l'outre-mer et l'urgence en matière sociale et sanitaire".

Pour compléter de ce dispositif, elle précise: "l’État consacrera près de 15 milliards d’euros sur cinq ans à la formation de ceux qui ont des difficultés à accéder à l’emploi, dont 10 milliards pour le plan compétences dans le cadre du grand plan d’investissement. C’est potentiellement un million de personnes qui seront en formation chaque année".

À quelques jours de la publication des ordonnances réformant le code du travail, prévue le 31 août, la ministre a tenu à déminer encore et toujours le terrain social. Selon elle, "Il n’y aura pas de casse sociale, c’est l’inverse". Elle ajoute: "la rénovation du modèle social devrait permettre une dynamique. Notre but est de susciter l’envie d’embaucher des entreprises tout en protégeant les salariés et en développant le dialogue social".

Vers la rédaction d'un code du travail numérique...

La ministre du Travail cite à l'appui de sa démonstration, la discutée question des dommages et intérêts aux prud'hommes qui "comportent un zone de flou" et qui est "préjudiciable aux employeurs des PME/TPE comme des salariés". Le gouvernement veut en effet encadrer les dommages et intérêts accordés au salarié en cas de licenciement abusif, en fixant une somme minimale (plancher) et maximale (plafond), ce que contexte certains syndicats. "C’est donc à la fois une injustice et un frein à l’emploi. Instaurer un barème sécurisera tout le monde" justifie Muriel Pénicaud. De même, elle affirme que "la fusion des différentes instances représentatives du personnel va enfin permettre un renforcement du dialogue social et économique au plus près du terrain".

Se refusant à lever le voile sur le contenu des futures ordonnances, elle révèle son intention de créer un code du travail numérique. À propos des chiffres du chômage, la ministre préférer "partager chaque trimestre une analyse du marché du travail" pour "une mise en perspective dans la durée". Elle évoque la date du 5 septembre pour cette première information baptisée "rendez-vous de Grenelle".

Frédéric Bergé