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Moscovici sera-t-il un bon garant de la rigueur en Europe?

Pierre Moscovici ne s'est pas étendu sur la discipline budgétaire.

Pierre Moscovici ne s'est pas étendu sur la discipline budgétaire. - -

Pierre Moscovici, candidat au sein de la future Commission européenne, a réaffirmé, mercredi 30 juillet, son ambition de faire de la croissance et de l'emploi ses priorités. Un discours qui inquiète.

Juste après avoir été officiellement désigné candidat de la France au sein de la future Commission européenne, Pierre Moscovici a développé, mercredi 30 juillet, sa vision de l'Europe. La croissance et l'emploi doivent être la priorité absolue de la Commission pour les 5 prochaines années. Difficile avec un tel discours d'obtenir le puissant poste des Affaires économiques, d'être celui qui est en charge de la discipline budgétaire en Europe.

Ce poste semble compromis. Pour les Allemands, il est symboliquement impensable de voir Pierre Moscovici - celui qui a négocié sans cesse à la tête de Bercy des reports d'objectifs de réduction de déficit- devenir le garant de la rigueur en Europe.

D'ailleurs le candidat Français s'étend beaucoup plus sur les sujets liés à la croissance que sur la discipline budgétaire.

Réponse le 30 août

Des discussions sont en cours avec Jean-Claude Juncker. A l'Elysée, on ne cherche plus à avoir absolument les Affaires économiques et monétaires. En revanche, pourquoi ne pas créer un poste sur mesure pour piloter la relance ? C'est ce que négocie le camp français.

Pierre Moscovici en parle d'ailleurs publiquement. Il esquisse les contours d'un pôle économique qui coordonnerait les investissements, l'amélioration de la compétitivité, et la politique industrielle. Mais attention à ne pas avoir une coquille vide. Il faut que ce champ ait une réelle influence. On sera fixé le 30 août, jour où Jean-Claude Juncker dévoilera la composition de la Commission européenne.

Mathieu Jolivet