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Moody’s : la perte du AAA n'est pas irréversible

La perte du triple A n'est pas irréversible : sept pays qui l'avaient perdu l'ont récupéré

La perte du triple A n'est pas irréversible : sept pays qui l'avaient perdu l'ont récupéré - -

Pour deux des trois agences de notation, la France ne fait plus partie du club des pays notés AAA. Sept pays sur les douze qui bénéficient de cette note l'ont perdu, avant de le regagner, non sans efforts.

Moody’s a dégradé la note de la France, lundi 19 novembre. Elle est passée de AAA à AA1. Déjà en janvier, l’autre agence de notation américaine, Standard & Poor’s, avait retiré au pays la meilleure notation possible. Mais ce n’est pas une condamnation. D’autres pays, parmi les douze qui possèdent aujourd’hui cette note, l’avaient perdue avant de la regagner. Mais au prix de douloureux efforts.

Des sous-sols gorgés de matières premières peuvent aider

Il faut compter dix ans, voire près de vingt dans le cas de l'Australie, pour récupérer son triple A. Le Danemark, la Finlande et la Suède ont perdu leur sésame entre 1983 et 1993, après avoir subi une sévère crise économique. 

Les trois pays l’ont regagné au début des années 2000, après avoir procédé à des coupes drastiques dans leurs dépenses publiques et s’être tenu à une stricte discipline budgétaire.

Même cause et même remède au Canada, qui a récupéré son AAA en dix ans, en partie grâce à ses immenses ressources naturelles et son industrie solide.

Les sous-sols gorgés de matières premières de l'Australie sont aussi l'un des facteurs qui lui ont permis de pu regagner en 2003 son AAA perdu 17 ans auparavant. Entre temps, le pays a développé une puissante industrie minière qui a profité de la demande chinoise. Il a aussi transformé son économie en profondeur, et modernisé son système financier.

Pour beaucoup d’experts, une dégradation financière peut donc être un mal pour un bien. A condition que les gouvernements saisissent le signal qui leur est adressé.

Delphine Liou