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Guerre des étoiles: l’Inde a mis au point un missile anti-satellite

"Nos scientifiques ont abattu un satellite en orbite basse à une distance de 300 kilomètres", a annoncé le Premier ministre Narendra Modi

"Nos scientifiques ont abattu un satellite en orbite basse à une distance de 300 kilomètres", a annoncé le Premier ministre Narendra Modi - Arun Sankar/-AFP

L'Inde a abattu un satellite en orbite basse avec un missile lors d'un exercice, a annoncé mercredi le Premier ministre Narendra Modi, devenant ainsi la quatrième nation au monde après les États-Unis, la Chine et la Russie a réussi cette prouesse technologique.

L'Inde a abattu un satellite en orbite basse à une distance de 300 kilomètres avec un missile antisatellite, a annoncé mercredi le Premier ministre Narendra Modi. Comme le rapporte l'AFP, il s'agissait d'un exercice intitulé "Mission Shakti" ("force" en hindi). 

L'opération n’a duré que trois minutes. Comme le précise le quotidien Times of India, ce test fait entrer l’Inde dans le cercle très fermé des pays capables d’abattre un satellite en orbite basse. Jusque-là, seuls les États-Unis, la Chine et la Russie y sont parvenus et l’Inde devient le 4e pays à le faire.

"C'est un moment de fierté pour l'Inde", a déclaré Narendra Modi lors d'une allocution télévisée. Il estime que son pays vient ainsi de rejoindre les "superpuissances de l'espace".

Alors que la Chine et les Etats-Unis sont en plein bras de fer dans ce qui est appelé désormais la guerre des étoiles, cet exercice militaire prend une dimension très particulière. L’Inde montre ses capacités de dissuasion mais prend des précautions. "Notre but est d'établir la paix et pas de créer une atmosphère de guerre. Ceci n'est dirigé contre aucun pays", a précisé le Premier ministre indien.

Une lecture du Traité de l'espace de 1967

La France qui dispose de satellites militaires réfléchit à une stratégie spatiale défensive. Elle avance prudemment sur ce terrain en raison du Traité de l’Espace de 1967 qui encadre l’usage d’armes dans l’espace extra-atmosphérique. Mais, selon le général Michel Friedling, qui dirige le commandement interarmées de l'espace (CIE), rien n’interdit de se défendre.

En février, lors d’une audition au Sénat dont rend compte le site spécialisé Opex360, le haut responsable a déclaré que "placer une arme dans l'espace à des fins non agressives n'est pas en soi interdit, selon notre lecture du Traité de l'espace". Pour lui, seul "l'usage qu'on en fait peut être prohibé".

Sur ce point, la France a des arguments. Florence Parly, ministre des Armées, a dévoilé récemment qu’en 2017 la Russie aurait tenté d’espionner un satellite militaire franco-italien pour capter des communications. Le général Friedling a également rappelé que le général Friedling a rappelé que "les Russes disposent de lasers aéroportés Sokol sur plateforme Iliouchine 76 ainsi qu’un laser dénommé Peresvet", lequel "pourrait avoir une capacité antisatellite". La Chine n’est pas en reste dans ce domaine. Selon le patron du CIE, il faut aussi tenir compte "des menaces cyber fomentées d’États dépourvus de capacités spatiales, des opérations de brouillage ou d’aveuglement".

Fin 2018, Emmanuel Macron a annoncé son intention de définir "une stratégie spatiale de défense". Un groupe de travail du ministère des Armées doit rendre des propositions sur le sujet. En janvier, les députés Olivier Becht (AGIR) et Stéphane Trompille (LREM) ont remis un rapport pour inciter la France à adopter une stratégie spatiale de défense à la fois défensive et offensive.

Pascal Samama