BFM Business

Mario Draghi refuse de se prononcer sur la présidentielle française

-

- - Daniel Roland - AFP

Le président de la BCE a répété, lors de sa conférence de presse, que son institution maintiendrait sa politique actuelle de soutien à l'économie. Il a balayé d'un revers de la main les questions portant sur l'élection présidentielle en France.

Mario Draghi n'a pas changé son braquet. Comme bon nombre d'observateurs s'y attendaient, le président de la Banque centrale européenne a réaffirmé le cap de la politique monétaire de son institution. Ainsi le programme actuel de rachat de titres de la BCE, de 60 milliards d'euros par mois, "est censé se poursuivre jusqu'à décembre 2017, ou au-delà, si nécessaire", jusque à ce que la BCE soit satisfaite de la trajectoire de l'inflation.

Depuis fin 2016, les prix en zone euro progressent à nouveau, et l'inflation se situe actuellement à 1,6%, alors que l'objectif de la Banque centrale est un chiffre "proche de, mais inférieur à" 2%. Mais une bonne partie de cette hausse est due à des effets mécaniques, liés à la remontée des cours du pétrole. Si bien que l'inflation sous-jacente (hors prix de l'énergie et des produits alimentaires) reste à un taux faible (0,7%) qui ne satisfait pas la BCE.

Éléments de language

Mario Draghi concède toutefois "que la croissance s'améliore et que les choses vont mieux". Dans son discours liminaire, il souligne par ailleurs que les données économiques pour le mois de mars montrent que "la reprise en zone euro est en train de devenir de plus en plus solide et que les risques à la baisse ont diminué". De petits éléments de langage plus qu'une vraie inflexion.

Le président de la banque centrale européenne a, par ailleurs, esquivé au maximum les questions sur la présidentielle française. Alors qu'une journaliste lui demandait si une victoire d'Emmanuel Macron serait de nature à faire diminuer les risques (et donc à modifier indirectement la politique de la BCE), il s'en est sorti par une pirouette: "Nous ne basons pas notre politique monétaire sur des résultats électoraux". Et d'ajouter, en réponse à un autre journaliste: "Lors du conseil des gouverneurs nous faisons discutons de politique monétaire, pas de politique".

J.M.