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Marine Le Pen sur les terres de la "reconquête"

Marine Le Pen sur le marché d'Hénin-Beaumont. Déterminée à faire du Nord-Pas-de-Calais un tremplin de la reconquête du FN, Marine Le Pen vise dimanche la seconde place de la triangulaire l'opposant au président socialiste sortant Daniel Percheron et à l'U

Marine Le Pen sur le marché d'Hénin-Beaumont. Déterminée à faire du Nord-Pas-de-Calais un tremplin de la reconquête du FN, Marine Le Pen vise dimanche la seconde place de la triangulaire l'opposant au président socialiste sortant Daniel Percheron et à l'U - -

par Pierre Savary HENIN-BEAUMONT, Pas-de-Calais - Déterminée à faire du Nord-Pas-de-Calais un tremplin de la reconquête du FN, Marine Le Pen vise...

par Pierre Savary

HENIN-BEAUMONT, Pas-de-Calais (Reuters) - Déterminée à faire du Nord-Pas-de-Calais un tremplin de la reconquête du FN, Marine Le Pen vise dimanche la seconde place de la triangulaire l'opposant au président socialiste sortant Daniel Percheron et à l'UMP Valérie Létard.

"La reconquête a commencé ici", explique la vice-présidente du Front national vendredi dans son fief d'Hénin-Beaumont, une ancienne cité minière du Pas-de-Calais.

Avec 18,31% au premier tour dimanche dernier, elle talonne au niveau régional Valérie Létard (19%), la "ministre de Sarkozy", et espère la devancer pour gagner ses galons de meilleure opposante régionale.

Marine Le Pen, qui avait failli ravir Hénin-Beaumont à la gauche lors des municipales de juillet dernier, en a fait d'autant plus son camp de base qu'il lui permet d'aborder les questions économiques et sociales.

Arpentant le marché, elle y distribue des tracts et développe ses thèmes favoris, de l'immigration à la désespérance sociale, avec toutefois une nouveauté : un tir de critiques concentré sur Valérie Létard.

"Elle a tout voté avec le PS, elle est la parfaite illustration de la collusion entre le PS et l'UMP. Voter pour elle, c'est voter pour le PS, c'est pareil, les électeurs le savent", avance-t-elle.

Forte d'un score élevé dans le département du Pas-de-Calais (19,81% devant l'UMP 15,91%), Marine Le Pen raille le score de la candidate UMP qui dépasse péniblement les 7% à Hénin-Beaumont quand le FN y flirte avec les 40%.

"Dans la ville, nous sommes devant l'UMP depuis longtemps. Maintenant, dans le département du Pas-de-Calais, nous sommes aussi la deuxième force, il faut continuer", lance-t-elle.

"La gauche va gagner la région, on le sait, il faut une opposition, nous sommes là", dit celle qui veut aussi consolider son statut de meilleur postulante nationale au poste que laissera son père à la tête du FN dans quelques mois.

"ELLE EST SYMPA"

Estimant qu'une partie de son électorat ne s'est pas déplacé dimanche dernier, l'élue frontiste tente aussi de mobiliser les abstentionnistes : "Si vous n'êtes pas content, votez ! Il faut voter, ne pas voter c'est encore être dirigé par les mêmes".

Depuis son implantation dans la région, entamée il y a plus de dix ans, Marine Le Pen trace son sillon avec détermination et s'est imposée dans le paysage local, même si le FN a raté de peu son objectif consistant à s'emparer de la ville.

"Moi je l'aime bien, elle est sympa et puis même si c'est le FN, après tout les autres en face ils font quoi ?", dit Jacques, 50 ans, un chômeur qui affirme avoir voté pour elle aux municipales mais s'être abstenu dimanche dernier.

Et dimanche prochain ? "Je ne sais pas, on verra", lâche-t-il dans un soupir.

Sur le marché d'Hénin-Beaumont, les élections régionales ne passionnent pas, l'abstention dans la commune a dépassé les 60%, cinq points de plus qu'au niveau régional.

Avec 2.949 voix sur la ville, Marine Le Pen réalise un score élevé en pourcentage (39,08%) mais inférieur en nombre de voix aux dernières municipales où les électeurs s'étaient massivement déplacés (4.485 voix pour le FN au premier tour).

Au niveau régional, la vice-présidente du FN, avec 224.870 voix, a redonné des couleurs à son parti sans toutefois retrouver le nombre de voix de l'ex-frontiste Carl Lang en 2004, 290.908 voix.

Edité par Gérard Bon