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Malgré une légère baisse, la France reste le pays (riche) qui taxe le plus les entreprises

Le déficit français s’est dégradé de 8,4 milliards d’euros en 2018 selon Bercy.

Le déficit français s’est dégradé de 8,4 milliards d’euros en 2018 selon Bercy. - AFP

Aucun pays d'Europe ne ponctionne plus ses entreprises que la France. Et même parmi les autres pays développés dans le monde, elle reste championne du monde.

Paie-t-on trop d'impôts en France? Si les gilets jaunes expriment depuis quelques semaines leur ras-le-bol de l'impôt et des taxes pesant sur les ménages, les entreprises de l'Hexagone ne semblent pas plus épargnées. Selon la dernière étude Paying Taxes réalisée par le cabinet d'audit PWC avec la Banque mondiale, la pression fiscale sur les entreprises françaises reste la plus élevée non seulement en Europe mais au sein de l’OCDE qui regroupe les pays développés, tous continents confondus. 

En 2017, le taux des prélèvements obligatoires est estimé à 60,4% du résultat commercial des entreprises françaises. Ce taux prend en compte l'impôt sur les résultats des sociétés, mais aussi les cotisations et les taxes diverses. Un taux bien supérieur à la moyenne mondiale (40,4%) et européenne (39,3%) pour l'année 2017. 

Certes, assure PWC, la France a baissé son taux de prélèvement sur les entreprises. Il était de 62,6% un an plus tôt. La France passe ainsi de la 56ème à la 55ème place dans le classement des 190 pays étudiés dans cette étude.

"Cette progression, explique PWC, est liée à la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés et des contributions sociales. Ceci est positif pour la compétitivité des entreprises françaises. Cette tendance, sauf à être remise en cause par le gouvernement, devrait se poursuivre sur les prochaines années avec la diminution programmée du taux de l'impôt sur les sociétés à 25% qui bénéficiera à la généralité des entreprises d'ici à 2022."

La France, bonne élève pour les charges administratives

En revanche et contrairement à une idée reçue, la France se distingue comme bonne élève concernant les charges administratives imposées aux entreprises. Il faut ainsi en moyenne 139 heures chaque année à une entreprise française pour accomplir ses démarches fiscales, soit un taux largement inférieur au niveau moyen constaté au niveau mondial (237 heures) ainsi qu’au niveau européen (161 heures). 

Le nombre de paiements effectués chaque année par les entreprises à l'administration au titre de ces impôts et taxes reste stable, à neuf. Au niveau européen, ce critère grimpe à 12 et même 24 au niveau mondial. Autrement dit, la France ponctionne certes beaucoup, mais elle le fait rapidement et de façon efficace. 

Et la marge de progression reste importante selon PWC. Les avancées technologiques peuvent réduire encore davantage la charge administrative des contribuables. Ainsi, les experts soulignent que depuis 2004, la technologie a permis de réduire de 84 heures le temps moyen passé par une entreprise type pour s’acquitter de ses obligations fiscales. La moyenne mondiale est passée de 324 heures en 2004 à 237 heures en 2017.

Parmi les économies les plus avancées sur le plan technologique, le rapport cite Hong-Kong avec seulement trois paiements dus au titre des prélèvements obligatoires et où le temps pour s’acquitter des formalités fiscales est de seulement 35 heures en 2017. La Norvège fait également partie des pays précurseurs (79 heures et cinq paiements).

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco