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Macron veut que l'État reprenne en main l'assurance-chômage

Emmanuel Macron ne veut pas que l'État soit réduit au rôle de spectateur

Emmanuel Macron ne veut pas que l'État soit réduit au rôle de spectateur - BFMbusiness.com

L'ex-ministre de l'Économie a déclaré mardi, lors d'un meeting à Montpellier, que les pouvoirs publics "ne peuvent plus se permettre simplement d'être les commentateurs permanents de compromis qui ne viennent pas".

Ceux qui pensent qu'Emmanuel Macron pioche parfois ses idées à droite vont avoir du grain à moudre. Mardi, l'ex-ministre de l'Économie a, lors d'un meeting à Montpellier, proposé que l'État reprenne en main l'Unédic, l'organisme chargé de la gestion de l'assurance-chômage, une mesure qui figure notamment dans le programme de Nicolas Sarkozy.

"Aujourd'hui il n'est plus logique que, face à un risque aussi largement répandu que le chômage, notre système repose sur un mécanisme d'assurance totalement indépendant de la Sécurité sociale", a déploré Emmanuel Macron.

"Les spectateurs du compromis de la dernière chance"

"Car si le problème est aussi largement répandu, c'est bien d'un système de solidarité dont nous avons besoin; un système auquel chacun doit contribuer et que chacun doit pouvoir user", a-t-il, poursuivi.

"Voilà pourquoi je pense que les pouvoirs publics devraient reprendre à leur charge la stratégie et les décisions relatives à l'Unédic. Car ils ne peuvent pas simplement être les commentateurs permanents de compromis qui ne viennent pas. Ils ne peuvent pas simplement rester les garants silencieux d'une montagne de dette de plus 30 milliards d'euros. Ils ne peuvent pas être uniquement les spectateurs du compromis de la dernière chance qui cherche à rafistoler un système en péril", a développé Emmanuel Macron.

"C'est la reprise en main par l'État de la question de la gestion de l'assurance-chômage mais également de la formation professionnelle", a précisé sur BFM Business Benjamin Griveaux, l'un des portes-paroles du mouvement 'En Marche!' d'Emmanuel Macron.

"Quand vous avez 25% de chômeurs chez les moins de 25 ans depuis 30 ans il n'est pas pensable que l'État n'en assume pas la responsabilité", a-t-il ajouté, indiquant que la reprise en main de l'assurance-chômage constituerait "une première étape".

Pomme de discorde

À l'heure actuelle, l'Unédic reste un organisme paritaire qui est donc géré par les partenaires sociaux, c'est-à-dire les syndicats et les organisations patronales. Ces derniers rédigent ainsi tous les deux ans la convention Unédic qui régit les règles d'indemnisation des chômeurs avec l'optique de maîtriser au maximum le déficit et la dette de l'organisme qui devrait atteindre 33,6 milliards d'euros fin 2017.

Mais actuellement (et comme souvent) les débats achoppent entre les syndicats et le patronat, faisant de fait échouer, en juin dernier, les négociations sur la nouvelle convention. La principale pomme de discorde reste la surtaxation des contrats courts (CDD). Mardi, le président du Medef, Pierre Gattaz a redit son opposition à cette mesure, tout en assurant que des discussions pouvaient être rouvertes pour arriver à un accord entre les partenaires sociaux d'ici à mai 2017.

"Dire qu'il faut discuter jusqu'en mai 2017, ça ne trompe personne : cela veut dire que l'on ne discute pas", avait alors réagi le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, François Asselin, en précisant qu'il n'adoptait pas cette position.

Julien Marion