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Macron veut mettre fin aux régimes spéciaux de retraite

Le candidat d'En Marche à la présidentielle a déclaré dans Le Parisien vouloir, s'il était élu, mettre "fin aux inégalités" public/privé concernant la retraite. Un projet qu'il a précisé lors de la présentation complète de son programme ce jeudi.

Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron veut créer "un vrai système universel de retraite" et mettre fin, dans ce domaine, aux inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé, affirme-t-il dans un entretien au Parisien jeudi.

"Les règles seront les mêmes pour tous les régimes. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé", explique l'ex-ministre de l'Économie, qui a présenté ce jeudi son programme à la presse.

Promettant de ne pas modifier l'âge de départ à la retraite et de ne pas baisser le niveau des pensions "durant le quinquennat", Emmanuel Macron souhaite, s'il est élu en mai, "engager dès le début, avec les partenaires sociaux les négociations" sur ce sujet.

Un système à points comme les retraites complémentaires

"Un euro versé pour cotisation ouvrira droit aux mêmes droits, quels que soient votre secteur, votre catégorie ou votre statut. En clair, le candidat d'En Marche! ne remet pas en cause le principe de répartition mais s'inspire du système qui existe déjà pour les retraites complémentaires (Agirc pour les cadres et Arrco pour tous les salariés). Chaque salarié verra ses cotisations retraite transformées en "points" qui définiront la valeur de la pension qui lui sera versée.

Emmanuel Macron entend ainsi laisser la liberté à chacun de choisir la date de son départ et, s'il le souhaite, de cotiser davantage pour cumuler plus de points. Les régimes spéciaux pourraient ainsi conserver d'éventuels particularismes, sur la base d'un principe qui sera la même pour tous.

"Redonner confiance" aux jeunes

Il précise toutefois que la mise en place de ce modèle sera progressive. "La montée en charge complète prendra dix ans", a déclaré Emmanuel Macron ce jeudi lors de la présentation de son programme, affirmant que "oui, cela conduira à la suppression des régimes spéciaux". Avant d'ajouter que les retraités actuels ainsi que les personnes à cinq ans de la retraite ne seront pas concernées. 

L'enjeu n'est pas d'assurer l'équilibre financier du système, qui a été "amélioré", mais de redonner de la "confiance" à des jeunes qui "ne croient plus en notre système", souligne-t-il.

"La réforme va permettre d'accompagner les transformations de la société et les multiples évolutions de carrière des individus. Pour ceux qui ont changé plusieurs fois d'employeur, la reconstitution de carrière est aujourd'hui un casse-tête. Enfin, le système sera plus juste car l'actualisation sera calculée, à terme, en fonction de l'espérance de vie, qui n'est pas la même pour un ouvrier et un cadre supérieur", développe le candidat d'En Marche.

Des réformes mais des conditions toujours plus favorables

Les 5 millions de fonctionnaires français bénéficient d'un mode de calcul des pensions différent des salariés du privé. Elles sont calculées en faisant la moyenne de ce qu'ils gagnaient sur leurs six derniers mois d'activité, alors que ce sont les 25 meilleures années qui comptent pour les salariés.

Quand aux salariés des entreprises publiques, ou historiquement publiques, comme SNCF et EDF, quand bien même les régimes spéciaux ont été réformés, ils continuent de bénéficier de conditions plus favorables en matière de cotisations et de prestations.

Nina Godart avec AFP