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Luxleaks: nouvelles révélations visant 35 sociétés

Le Luxembourg est pointé du doigt pour avoir mis en place un système massif d'optimisation fiscale.

Le Luxembourg est pointé du doigt pour avoir mis en place un système massif d'optimisation fiscale. - Emmanuel Dunand - AFP

Plusieurs médias internationaux ont publié mardi soir de nouvelles révélations dans le cadre du scandale LuxLeaks, impliquant 35 sociétés. Parmi elles: Walt Disney, Skype ou encore Bombardier.

Voilà qui pourrait porter un nouveau coup à la crédibilité -déjà entamée- de Jean-Claude Juncker. Mardi 9 décembre, plusieurs médias internationaux ont en effet publié de nouvelles révélations dans le cadre du scandale LuxLeaks sur un système massif d'optimisation fiscale au Luxembourg, impliquant 35 sociétés.

Selon le journal belge Le Soir, la nouvelle vague de documents "LuxLeaks 2" implique 35 nouvelles sociétés, parmi lesquelles Skype, Walt Disney, Koch Industries, mais aussi Bombardier ou Telecom Italia.

S'appuyant sur quelque 28.000 pages de documents obtenus par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), une quarantaine de journaux avaient révélé début novembre qu'entre 2002 et 2010, le Grand-Duché avait passé des accords fiscaux avec 340 multinationales, dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi, Heinz, Verizon et AIG, afin de minimiser leurs impôts, privant les Etats européens de milliards d'euros de recettes fiscales. Problème: à l’époque, Jean-Claude Juncker en était le Premier ministre et le ministre des Finances.

"Je suis affaibli", concède Juncker

Ce scandale avait déstabilisé le nouveau président de la Commission européenne, moins d'une semaine après son entrée en fonction. Après quelques jours de silence, il avait contre-attaqué en promettant un sursaut dans la lutte contre l'évasion fiscale.

"Subjectivement parlant, je n'ai rien de plus à me reprocher que ce que d'autres auraient à se reprocher. (...) Mais, objectivement parlant, je suis affaibli, car le Luxleaks laisse croire que j'aurais participé à des manoeuvres ne répondant pas aux règles élémentaires de l'éthique et de la morale", s'est une nouvelle fois défendu le dirigeant mercredi, dans un entretien à Libération.

Jean-Claude Juncker avait déjà annoncé une prochaine directive (loi européenne) sur l'échange automatique d'informations en matière de "tax ruling". 

Selon Le Soir, les accords conclus dans le cadre de ce LuxLeaks 2 ont été mis au point par les quatre grands cabinets d'audit et de conseil ("Big Four"): PricewaterhouseCoopers (PwC), KPMG, Ernst & Young et Deloitte. Le journal évoque des "outils hybrides (Bombardier), des déductions fiscales spectaculaires (95% des revenus pour Skype, qui ne paye donc des impôts que sur les 5% restants) ou des taux réels d'imposition extrêmement faibles (0,28% pour Walt Disney Luxembourg)".

Ces révélations interviennent à la veille de la prestation de serment officielle de la Commission Juncker devant la Cour de justice européenne à Luxembourg.

Y.D. avec AFP