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Luxleaks: Juncker se défend face aux critiques

Jean-Claude Juncker a reconnu une "responsabilité politique" dans le système de taxation du Luxembourg, dont il fut le Premier ministre.

Jean-Claude Juncker a reconnu une "responsabilité politique" dans le système de taxation du Luxembourg, dont il fut le Premier ministre. - John Thys - AFP

Le président de la Commission européenne s’est exprimé pour la première fois depuis les révélations de l’affaire Luxleaks. Reconnaissant sa "responsabilité politique", il a réaffirmé sa volonté de lutter contre l’évasion fiscale.

Dans l’œil du cyclone après les révélations de l’affaire Luxleaks, Jean-Claude Juncker s’est exprimé publiquement sur le sujet pour la première fois, mercredi 12 novembre.

Lors d'une apparition surprise devant la presse, le nouveau président de la Commission européenne a récusé les accusations de conflit d’intérêt, tout en reconnaissant sa responsabilité en tant qu’ex-dirigeant du Luxembourg.

"Je suis politiquement responsable"

"Je ne suis pas l'architecte" du système de taxation du Grand-Duché "mais je suis politiquement responsable", a ainsi souligné celui qui en fut le Premier ministre de 1995 à 2013. Toutefois, "tout ce qui a pu être fait correspond aux règles législatives nationales (du Luxembourg) et aux règles internationales en la matière", a-t-il assuré, tout en reconnaissant que cela puisse entraîner des situations d'imposition qui ne correspondent pas "aux normes éthiques et morales généralement admises".

Il a également souligné que la pratique des "tax rulings", qui permet à une entreprise de demander à l'avance comment sa situation sera traitée par l'administration fiscale d'un pays, est "une pratique bien établie dans 22 pays membres de l'UE".

"Ce ne sont pas des propos en l'air"

La semaine dernière, une enquête publiée par 40 médias internationaux avait révélé qu'entre 2002 et 2010, le Luxembourg avait passé des accords fiscaux avec 340 multinationales, dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi, Heinz, Verizon ou AIG, afin de minimiser leurs impôts. Avec pour conséquence de priver les Etats européens de milliards d'euros de recettes fiscales.

Malgré tout, Jean-Claude Juncker a réaffirmé sa volonté de lutter contre ce phénomène. "J'avais dit que la Commission lutterait contre l'évasion et la fraude fiscale. Je voudrais que tout le monde sache que ce ne sont pas des propos en l'air, mais que cela reflète l'intention de la Commission", a-t-il déclaré. Il a également annoncé qu'il proposerait une loi européenne prévoyant l'échange automatique d'informations pour les accords fiscaux avec les entreprises.

Ces déclarations interviennent alors qu’un débat sur l'évasion fiscale doit être organisé en urgence mercredi après-midi au Parlement européen, où la gauche radicale tente de proposer une motion de défiance contre Jean-Claude Juncker.

Y.D. avec AFP