BFM Business

Loi sur la croissance: Macron attendu au tournant

Emmanuel Macron présente le très attendu projet de loi sur la croissance et l'activité, ce mercredi 10 décembre.

Emmanuel Macron présente le très attendu projet de loi sur la croissance et l'activité, ce mercredi 10 décembre. - Eric Piermont - AFP

Le ministre de l’Economie présentera, mercredi 10 décembre, son projet de loi en faveur de l’activité et la croissance. Mais il devra faire face à de nombreuses oppositions, de la part des professions concernées mais aussi de la majorité socialiste.

C’est avec l’objectif pour le moins ambitieux de "déverrouiller l’économie française" qu’Emmanuel Macron présentera, mercredi 10 décembre, son projet de loi pour la croissance et l’activité en Conseil des ministres.

Travail du dimanche et de nuit, professions réglementées ou réforme prud’hommale font ainsi partie des dispositions envisagées dans un texte déjà qualifié de "fourre-tout", notamment par le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis. Autant dire que la tâche s’annonce compliquée pour le ministre de l’Economie qui, même s’il bénéficie d’une relative bienveillance de l’opinion publique, agace au sein de la majorité.

Crispations au Parti socialiste

Ainsi, les tensions se sont récemment cristallisées autour de la question du travail dominical. Alors que Bercy veut donner la possibilité aux magasins d’ouvrir 12 dimanches par an au lieu de cinq actuellement, le Premier secrétaire du PS plaide pour un élargissement à seulement sept dimanches dans l’année, quand son aile gauche ne veut pas entendre parler d’une quelconque remise en cause de la loi actuelle. La gauche parisienne a d’ailleurs donné le ton mercredi 3 décembre, en adoptant un rapport hostile à une extension du travail dominical.

Autre obstacle, et non des moindres, pour Emmanuel Macron: la grogne des professions libérales, qui prévoient de manifester en nombre mercredi après-midi contre le projet de loi. Scandalisées par les déclarations tonitruantes d’Arnaud Montebourg, l'ancien patron de Bercy, qui les avait qualifiées de "rentiers captant les revenus des Français", ces dernières ne sont pas prêtes à se réformer.

Un signal envoyé à Bruxelles

Notaires, huissiers, avocats, mais aussi commissaires-priseurs, greffiers des tribunaux de commerce: tous réclament le retrait pur et simple du texte. Et ce malgré les modifications, reculs et promesses consentis par le ministre.

En outre, Emmanuel Macron peut difficilement se permettre un rétropédalage trop important. Car alors que la Commission européenne a donné à la France jusqu’au mois de mars pour accélérer ses réformes, Bercy compte bien envoyer un signal fort à Bruxelles grâce à ce texte.

A 36 ans, le jeune ministre de l’Economie va donc vivre son baptême du feu, avec une marge de manœuvre particulièrement faible. Pour ce qui ressemble à l’une des dernières cartouches du gouvernement pour relancer la croissance.

Yann Duvert avec AFP