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Loi Macron : Sapin convaincu que le 49-3 ne sera plus utile

Actuellement examiné au Sénat, le projet de loi Macron repassera bientôt à l’Assemblée en deuxième lecture. Mais cette fois, "il y aura une majorité", selon le ministre des Finances, Michel Sapin, invité lundi sur BFMTV.

Au lendemain de l’intervention télévisée de François Hollande sur Canal+, Michel Sapin n’a pas échappé aux interrogations nées des propos du chef de l’Etat. Et notamment à la vive réaction du PCF, mécontent d’avoir vu son nom associé à celui du Front national.

Soucieux de calmer le jeu, le ministre des Finances a invoqué une question de contexte: "Il ne faut pas trop en faire quand même! La première caractéristique de ce qu’il a dit, c’était de montrer la différence de valeurs, par rapport à l’immigration, par rapport à l’étranger. Il faut reprendre la phrase tout entière, ça évitera de faire des amalgames", a-t-il ainsi déclaré au micro de BFMTV.

Selon lui, c’est "l’idée qu’économiquement la France devait fermer ses frontières et se débrouiller toute seule" qu’a voulu combattre François Hollande. "Et ça, ce sont les mêmes thèmes, et ce sont parfois les mêmes électorats qui y sont sensibles".

Prime d'activité: "Ce n'était pas improvisé"

Michel Sapin est également revenu sur la vraie-fausse annonce du président au sujet de la prime d’activité pour les jeunes. Ce lundi, le ministère du Travail a en effet confirmé que les étudiants et les apprentis seraient exclus du dispositif. Dans ces conditions, pourquoi cette annonce? "Ce n’était pas improvisé, puisque cela avait déjà été annoncé par le Premier ministre et que nous travaillons sur ce sujet depuis longtemps", a assuré le ministre. "Il a présenté quel était l’objectif de cette nouvelle prestation". En clair, François Hollande a voulu faire passer un message: "C’est une prestation d’activité, et non pas une prestation d’assistance, contrairement à ce que l’on peut entendre".

"Il y aura des majorités pour voter nos réformes"

Le colocataire d’Emmanuel Macron à Bercy a ensuite abordé l’épineux dossier du projet de loi sur croissance et l’activité, actuellement examiné au Sénat. Et ce alors que la motion majoritaire au congrès de Poitiers (signée par la majorité du gouvernement) semble montrer quelques réticences, notamment à propos du travail dominical.

Pour autant, Michel Sapin veut croire que l’épisode douloureux du passage en force lors de la première lecture à l’Assemblée ne se reproduira pas. "L’état d’esprit, me semble-t-il, a mûri. Chacun a compris qu’il valait mieux une majorité qui se rassemblait plutôt qu’un 49-3 qui peut diviser. Elle sera votée, il y aura une majorité, et il y aura des majorités pour voter nos réformes", a-t-il affirmé. Reste à savoir si le message sera entendu au sein du PS.

Y.D.