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Les sinistrés de Xynthia ne pourraient pas tous rentrer chez eux

Nicolas Sarkozy à la rencontre de sinistrés de la tempête Xynthia, sur le littoral Atlantique. Le chef de l'Etat a annoncé un renforcement des dispositifs de prévention des catastrophes naturelles et indiqué que les sinistrés ne seraient pas autorisés à r

Nicolas Sarkozy à la rencontre de sinistrés de la tempête Xynthia, sur le littoral Atlantique. Le chef de l'Etat a annoncé un renforcement des dispositifs de prévention des catastrophes naturelles et indiqué que les sinistrés ne seraient pas autorisés à r - -

par Yann Le Guernigou LA ROCHE-SUR-YON, Vendée - Nicolas Sarkozy a annoncé un renforcement des dispositifs de prévention des catastrophes naturelles...

par Yann Le Guernigou

LA ROCHE-SUR-YON, Vendée (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé un renforcement des dispositifs de prévention des catastrophes naturelles et indiqué que les sinistrés de Xynthia ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux s'ils habitent dans des zones jugées à trop grand risque.

Le chef de l'Etat a encore déclaré que l'Etat financerait 40% du futur plan national de consolidation des digues que le gouvernement s'est engagé à mettre en oeuvre à la suite du passage de la tempête qui a fait 53 morts le 28 février dernier.

Il s'exprimait à La Roche-sur-Yon, au terme d'une deuxième visite sur les zones du littoral charentais et vendéen ravagées par Xynthia, à cinq jours du deuxième tour des élections régionales.

"Je suis venu pour trouver des solutions et que vous ne vous sentiez pas seuls", a-t-il dit à un couple de retraités du village de Charron, près de La Rochelle, dont la maison de plain-pied a été envahie en pleine nuit par 1,60 m d'eau.

Interrogé sur le scrutin régional, il s'est refusé au moindre commentaire, parce que "ce serait choquant" dans un tel lieu où des gens "sont passés à deux doigts de la mort".

Environ 6.000 habitations ont été endommagées sur la côte Atlantique par Xynthia, dont le passage, qui avait coïncidé avec un fort coefficient de marée, a provoqué de graves inondations, les dégâts étant estimés à 1,5 milliard d'euros.

Quelque 2.750 personnes au total ont dû être évacuées de plusieurs villages de la côte après notamment la rupture de digues et Nicolas Sarkozy a indiqué que certains ne seraient pas autorisés à rentrer.

"Nous ne laisserons pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a un risque mortel", a-t-il indiqué à l'issue d'une réunion sur l'impact de la tempête à la préfecture de la Charente-Maritime à La Rochelle.

Il a ajouté que les personnes concernées devraient être indemnisées et que de nouveaux terrains leur seraient proposés.

DÉMOLITION

De même, il a déclaré que l'Etat n'autoriserait plus la construction d'habitations dans des zones "à risque élevé de submersion", même protégées par des digues.

"On ne va pas interdire tout le littoral de l'Atlantique et de la Méditerranée, ça n'a pas de sens. Mais là où il y a un risque mortel, il y aura démolition. Il n'y aura pas réimplantation", a-t-il ajouté.

Le gouvernement s'est engagé à présenter dans les deux mois un plan de consolidation des digues maritimes et fluviales, pour un coût que Nicolas Sarkozy a estimé entre trois et quatre milliards d'euros.

Il a indiqué que l'Etat financerait pour 40% de ce plan qu'il viendra présenter dans la région "au début de l'été". En attendant, les pouvoirs publics prendront aussi en charge la moitié des travaux de consolidation des quelque 150 digues qui ont souffert du passage de Xynthia.

Toujours en matière de prévention, il s'est fixé comme objectif que les 884 communes françaises situées dans des zones à risque soient couvertes par un plan de prévention dans les trois ans, alors que 46 seulement en disposent à ce jour aux termes d'une loi pourtant votée en 1995.

Il a invité enfin Météo France à intégrer rapidement un dispositif de vigilance "vague submersion" dans ses procédures.

Le chef de l'Etat a annoncé d'autre part une série d'aides complémentaires pour les particuliers, les artisans, les agriculteurs et les ostréiculteurs victimes d'une tempête "qui n'est pas seulement le produit d'événements climatiques" mais aussi "d'une cascades de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions négligées".

Il a souligné qu'il revenait à la justice, et pas à lui-même, de faire le procès éventuel des responsabilités.

Comme pour la première visite sur place de Nicolas Sarkozy le 1er mars, la présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, a brillé par son absence. En campagne pour le second tour des régionales, pour lequel elle part largement favorite, elle avait choisi de rendre visite à des sinistrés dans un autre village.

Edité par Yves Clarisse