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Les radars, victimes des économies budgétaires en 2015? 

Le gouvernement prévoit l'installation de radars de nouvelle génération en 2015

Le gouvernement prévoit l'installation de radars de nouvelle génération en 2015 - Loïc Presti-AFP

Au nom des économies budgétaires, les sénateurs ont diminué vendredi soir le nombre de nouveaux radars que le gouvernement prévoyait d'installer sur les routes. L'Assemblée pourrait cependant rétablir le programme initial.

Automobilistes, ne vous réjouissez pas trop vite. Ce n'est pas parce que les sénateurs ont décidé de réduire le nombre de radars de nouvelle génération sur les routes l'an prochain que le gouvernement ne demandera pas à l'Assemblée de revenir sur ce vote en seconde lecture, début décembre. 

"Les statistiques ne sont pas bonnes pour 2014, je ne souhaite pas réduire le nombre de radars", a déploré vendredi soir Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, au nom du gouvernement. 

7,5 millions d'économies

Dans le cadre de l'examen du budget 2015, le Sénat a pourtant adopté dans la nuit de vendredi à samedi 29 novembre des mesures d'économies dont la plus "populaire" - certains diront la plus démagogique- consiste à diviser par deux l'installation de 40 nouveaux radars "vitesse moyenne" (qui contrôlent la vitesse moyenne sur une portion de route), et de 43 radars "chantiers" (destinés, eux, à assurer un contrôle des vitesses dans les zones de travaux).

Le coût unitaire des premiers est de 167.000 euros, et celui des seconds de 200.000 euros. Le vote du Sénat "entraîne une économie de 7,35 millions au profit des collectivités territoriales afin de réaliser des investissements de sécurité", s'est justifié le sénateur centriste Vincent Delahaye, auteur de l'amendement voté par la chambre haute. 

4.200 radars en 2015

En fait, le gouvernement n'avait pas l'intention d'augmenter l'an prochain le nombre de radars au bord des routes. Au 31 décembre 2015, il devrait y en avoir 4.200, tout comme cette année. 

Mais s'il ne doit pas y avoir plus de radars, ils devraient être plus performants, c'est à dire permettre de prendre en faute plus facilement les conducteurs trop pressés. 123 vieux radars fixes et 130 mobiles seraient ainsi retirés pour être remplacés par des modèles de nouvelle génération. Doivent être ajoutés 890 radars "pédagogiques" qui alertent seulement des dépassements de vitesse mais ne sanctionnent pas.

Avant le vote du Sénat, l'Etat avait prévu de dépenser 26 millions d'euros pour acheter de nouveaux modèles. Mais c'est surtout l'entretien du parc de radars qui coûte cher à l'Etat. En 2015, 117 millions sont prévus à ce titre. L'entretien d'un radar fixe revient à 15.564 euros par an en moyenne, celui d'un radar mobile à 14.000 euros. Les radars installés sur un feu rouge sont moins onéreux à entretenir : 11.441 euros tout de même. 

Désendettement de l'Etat

Heureusement pour l'Etat, les radars génèrent aussi des recettes. Le projet de budget pour 2015 prévoit 1,37 milliard d'euros en produit des diverses amendes à la circulation routière, qu'il s'agisse de contraventions classiques ou générées par les radars automatisés (environ 700 millions). 

Sur cette somme, 441 millions iront au désendettement de l'Etat. L'an prochain, le gouvernement anticipe des recettes provenant des contraventions légèrement inférieures à celles des années précédentes. Une prudence sans doute liée au meilleur respect des limitations de vitesse par les automobilistes. En conséquence, les recettes "fléchées" vers le désendettement, comme disent les hauts fonctionnaires de Bercy, seront en légères baisse. En 2013, elles atteignaient 463 millions et 517 millions en 2012. 

Patrick Coquidé