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Les points sur lesquels la Grèce ne transigera pas

La Grèce est prête à certaines concessions. Mais sur certains points, elle restera inflexible.

La Grèce est prête à certaines concessions. Mais sur certains points, elle restera inflexible. - Reuters

A trois jours d'un eurogroupe dédié aux négociations sur l'aide à la Grèce, Athènes réaffirme ses "lignes rouges", les points sur lesquels elle refuse de céder, mais fait le dos rond sur d'autres sujets.

Un nouvel eurogroupe crucial se tient lundi à Bruxelles. Il y sera question du versement d'une nouvelle tranche de prêt à la Grèce, et des conditions de son octroi à un pays dont les caisses sont pratiquement vides. Dans cette perspective, la Grèce a réaffirmé ce jeudi ses positions face à ses créanciers internationaux: ses "lignes rouges" ne sont pas négociables, a-t-elle martelé.

"Les 'institutions' ne doivent pas s'attendre à ce que le gouvernement cède sur tout", a déclaré Gabriel Sakellaridis, le porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse ce 7 mai. "Lorsqu'on négocie, il doit y avoir des concessions mutuelles", a-t-il ajouté en direction de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, les principaux créanciers d'Athènes.

Pas de nouvelles mesures de rigueur

Sur certains points en effet, la Grèce ne transigera pas. En premier lieu, sur les dossiers hautement sensibles qui font justement l'objet de discussions entre Athènes et Bruxelles. Pas question de prendre de nouvelles mesures de rigueur, qui pourraient compromettre les promesses électorales du Premier ministre Alexis Tsipras.

"Il est clair que nous ne pouvons pas réduire les pensions de retraite", a répété Gabriel Sakellaridis. Pas touche au montant des versements donc. Mais Athènes semble néanmoins prête à jouer sur d'autres leviers puisqu'un communiqué commun du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et d'Alexis Tsipras, publié mercredi, soulignait "l'importance des réformes pour moderniser le système des retraites".

Athènes refuse aussi catégoriquement de réformer la sécurité sociale et le marché du travail. En revanche, l'exécutif serait ouvert à une réévaluation des salaires puisque, toujours dans le communiqué précité, Jean-Claude Juncker et Alexis Tsipras évoquaient le "besoin d'évolution salariale pour favoriser les créations d'emplois et la compétitivité".

La Grèce proche du défaut

Le porte-parole du gouvernement grec a par ailleurs insisté sur les concessions déjà intégrées par son pays. Il n'insiste plus sur la question d'un allégement de sa dette dans ses discussions avec ses partenaires, a-t-il rappelé à titre d'exemple.

La Grèce, qui n'a plus obtenu un sou de ses créanciers depuis le mois d'août, attend le déblocage des 7,2 milliards d'euros dont elle a besoin pour éviter la faillite. Elle doit pour cela présenter une liste complète de réformes jugées suffisamment crédibles.

Elle risque d'être à court de liquidités dans quelques semaines. Voire même quelques jours, en l'absence d'accord avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, qui interviendrait à temps pour être validé lundi, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro. Elle pourrait être en défaut dès le 12 mai, date à laquelle l'Etat grec doit honorer une échéance de 750 millions d'euros pour le prêt octroyé par le FMI, ou à la fin du mois, lorsqu'il devra verser les salaires des fonctionnaires et les pensions de retraite.

Nina Godart avec Reuters