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Les migrations ont-elles un impact positif sur l'économie?

Un coût pour les finances de l'Etat mais un impact positif sur l'économie, c'est la conclusion d'une étude de trois chercheurs sur l'impact économiques des migrations.

Emmanuel Macron l’a annoncé, la France accueillera d’ici quelques jours quelques dizaines de migrants du navire allemand Lifeline. Une décision critiquée à droite. Un accueil qui un coût politique donc mais qu’en est-il du coût économique ? La France a-t-elle les moyens les migrants ?

Il faut savoir que selon les données mentionnées dans le projet de loi de finances de 2018, on sait qu’un peu plus de 80.000 ménages touchent l’allocation versée aux demandeurs d’asile. Si on ajoute le coût des centres d’accueil et des hébergements d’urgence financés par l’Etat, la facture s’élevait en 2017 à 924 millions d’euros. A cela il faut ajouter le coût des soins, de la scolarisation éventuelle des enfants… Un coût certain qu’il ne faut pas nier mais qui ne représente au final que 0,24% du budget de l’Etat.

Mais ces flux migratoires sont-ils seulement une charge pour le budget des Etats ? C’est là que ça complique. On agite beaucoup de chiffres contradictoires sur le sujet et de nombreux désaccords. Mais une étude récente réalisée par trois chercheurs français du CNRS parue dans la revue américaine Science Advances et basée sur les données de l'OCDE et Eurostat est venue bousculer quelques idées reçues. Chiffres à l’appui ils montrent que les flux migratoires ne sont pas un fardeau mais ont au contraire un impact légèrement positif sur les économies. L’année d’un choc migratoire, les pays concernés voient leur PIB par habitant augmenter de 0,17% par rapport à la tendance, le chômage légèrement reculer de 0,12 point et les recettes fiscales ont tendance à légèrement augmenter de 0,11 point. "Un impact qui perdurerait jusqu'à 4 ans après le choc", selon les auteurs de l'étude.

La France manque de main d'oeuvre

Pour quelle raison cette arrivée pourrait avoir un impact positif sur l'économie? Tout simplement parce que la France a besoin de main d’œuvre. La logistique, le bâtiment, la restauration mais aussi l'hôpital ou le numérique cherchent une main-d’œuvre qu’ils ne trouvent pas localement. Dans le numérique par exemple, les entreprises vont de plus en plus recruter des ingénieurs tunisiens. D’ailleurs, le monde de l’entreprise est plutôt favorable en général à l’ouverture des frontières. Car dernière idée reçue: les immigrés qui arrivent en France sont de plus en plus diplômés. Selon les données du géographe Hervé Le Bras, spécialiste des migrations, 65% des migrants qui souhaitent venir en France ont aujourd'hui au minimum le bac et la proportion de diplômés augmente d’année en année. "Elle est très liée à l’âge : les 60 ou 65 ans sont majoritairement sans diplôme, alors que les jeunes de 24 ans ne sont que 15% dans cette situation, détaille Hervé Le Bras dans L'Usine Nouvelle. C’est assez proche de la situation actuelle des Français."