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Les métallos allemands obtiennent des hausses de salaires

L'accord salarial dans la métallurgie sert de référence aux négociations dans les autres secteurs.

L'accord salarial dans la métallurgie sert de référence aux négociations dans les autres secteurs. - -

Le syndicat allemand IG Metall a finalement conclu un accord avec le patronat de la métallurgie. La hausse des salaires se fera en deux temps: 3,4% au 1er juillet 2013 puis 2,2% au 1er mai 2014.

Alors que les discussions menaçaient de s'enliser, le puissant syndicat allemand de la métallurgie, IG Metall, qui regroupe pas moins de 2,4 millions d'adhérents, est parvenu à nouer avec le patronat un accord sur les hausses des salaires en Bavière.

Dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 mai, les deux parties ont fini par signer un texte actant une revalorisation salariale en deux temps : d'abord 3,4% à partir du 1er juillet prochain puis 2,2% au 1er mai 2014. Selon Bloomberg, ces deux augmentations sont équivalentes à une hausse de 5,6% sur 20 mois, alors que l'inflation se situe, actuellement, à 1,2% en Allemagne.

Cet accord en Bavière a une fonction pilote pour le niveau national. Il doit ainsi être approuvé par les autres sections régionales d'IG Metall pour valoir dans tout le pays, ce qui ne sera qu'une simple formalité.

Un compromis qui satisfait les deux parties

Il s'agit, en fait, de donner l'impression d'un accord gagnant-gagnant : IG Metall revendiquait initialement des hausses de salaires de 5,5% sur un an. Le patronat, de son côté, n'avait mis sur la table que des augmentations limitées à 2,3% sur treize mois.

Les deux parties semblent ainsi satisfaites: "avec un tel accord, les salariés sont traités de façon juste et appropriée, en harmonie avec la situation économique", a jugé le président d'IG Metall, Bertold Huber, cité dans un communiqué.

"Je me réjouis de l'accord-pilote atteint en Bavière", a déclaré, en écho le président du patronat de la métallurgie, Gesamtmetall, Rainer Dulger.

IG Metall avait auparavant mis la pression pour accélérer les négociations. Des "warnstreik", de brèves "grèves d'avertissement" de quelques heures, ont eu lieu la semaine dernière, touchant des entreprises comme BMW, Siemens ou Bosch.

Un enjeu également européen

Cet accord salarial est particulièrement scruté outre-Rhin, car il sert de référence aux négociations dans les autres branches de l'industrie. Et cette année, les discussion ont également revêtu un enjeu européen, alors que les voisins de Berlin réclament que l'Allemagne prenne des mesures pour relancer sa demande intérieure.

Dans un entretien au Rheinische Post du 16 avril, Arnaud Montebourg avait ainsi appelé à des hausses de salaires outre-Rhin, observant que l'opposition social-démocrate prévoit des hausses de salaire dans son programme en vue des élections législatives du 22 septembre. Ces dernières verront la chancelière Angela Merkel briguer un troisième mandat.

Les salaires en Allemagne, ont augmenté en moyenne de 1% de 2007 à 2011, contre une progression de 2,7% dans l'ensemble de la zone euro.

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Julien Marion