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Les médecins exerçant en France sont de plus en plus diplômés à l’étranger

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INFOGRAPHIE - En France, le nombre de médecins formés à l'étranger a doublé depuis 2007. Aujourd'hui plus de 26.000 à exercer dans l'Hexagone, ils sont majoritairement salariés.

En 2017, l'Ordre des médecins dénombre 26.805 docteurs diplômés à l’étranger, soit 9% de l’effectif total des praticiens en France. Ils étaient près de deux fois moins en 2007, 14.089, soit 6% des médecins de l’époque.

En effet, il n’est pas nécessaire d’étudier sur le sol français pour y exercer. L’Ordre des médecins reconnaît les diplômes des 27 pays de l’Union européenne. Certains pays, comme le Maroc et la Tunisie, ont signé avec la France des accords bilatéraux, garantissant la reconnaissance mutuelle des diplômes. Pour les autres, il est toujours possible de passer par la Procédure Autorisation d’Exercice (PAE).

Algérie, Roumanie et Belgique

L’Algérie et la Roumanie sont les deux plus grands pourvoyeurs de médecins dans l’Hexagone. Depuis que le pays a intégré l'UE en 2007, le nombre de doctorants roumains a augmenté de 659%. Pour l’Ordre des médecins, les conditions d’exercice (salaires, moyens techniques, niveau de la recherche) sont la principale explication de la fuite des natifs. Si quelques Français partent étudier dans ce pays pour contourner le numerus clausus, ils restent largement minoritaires. 92% des diplômés de Roumanie aujourd'hui médecins en France possèdent la nationalité roumaine.

La Belgique, connue pour avoir une sélection moins sévère, arrive d’ailleurs en 3e position. Les étudiants de nationalité française ne sont pourtant que 9% à avoir suivi leurs études dans le pays frontalier.

Globalement, les médecins étrangers privilégient comme leurs homologues français l'installation dans les grandes villes, sur la côte d’Azur ou dans le Nord de la France.

Mais ils sont également nombreux à s'installer dans les départements de l’Eure, de l’Orne ou encore de la Sarthe, qui eux souffrent d’un sévère déficit de praticiens.

Ces médecins, parfois formés à plusieurs milliers de kilomètres, se lancent peu en libéral. La part de l’exercice salarié est dominante (62%). Ils exercent surtout en médecine générale, en anesthésie/réanimation et en psychiatrie.

Emeline Gaube