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Les intermittents vont-ils (encore) faire plier le gouvernement?

Le gouvernement pourrait lâcher 80 millions par an pour les intermittents

Le gouvernement pourrait lâcher 80 millions par an pour les intermittents - Boris Horvay-AFP

"Cagnotte ou pas, la prochaine largesse gouvernementale pourrait bien profiter aux intermittents du spectacle dont les règles d'indemnisation du chômage sont à nouveau sur la sellette. "

Revoilà les intermittents du spectacle. Après les fonctionnaires et sans doute avant les élus locaux, la prochaine largesse budgétaire du gouvernement pourrait bien leur profiter, même si ces mêmes intermittents devraient gonfler jeudi 31 mars les rangs des manifestants anti-loi El Khomri.

4 euros d'indemnisation pour un euro cotisé

Nous sommes en pleine renégociation des règles d’indemnisation du chômage et l’État a donné jusqu’en juin aux partenaires sociaux pour se mettre d’accord.

Mais à côté de la négociation générale, une autre concerne spécialement les 150.000 intermittents du spectacle qui profitent d’un régime d’indemnisation très favorable et….très coûteux.

Il plombe chaque année les comptes de l’Unédic de quelque 900 millions d’euros, soit le quart du déficit de l’assurance-chômage. Pour un euro cotisé, les intermittents au chômage reçoivent 4 euros d’indemnisation. À faire pâlir d’envie un demandeur d'emploi classique.

Tout et son contraire

Mais dans le cadre de cette renégociation, le gouvernement réclame tout et son contraire aux partenaires sociaux. D’un côté, il leur demande 800 millions d’euros d’économies en année pleine sur les dépenses d’indemnisation du chômage. C’est d’ailleurs ce qu’il a promis à Bruxelles dans son programme de stabilité budgétaire.

Mais de l’autre, Manuel Valls leur suggère de ne pas trop toucher au régime des intermittents, de peur que ceux-ci ruent dans les brancards à l’approche des festivals de l’été et de la présidentielle.

80 millions à la charge de l'État? 

Le Medef, qui réclame de faire converger le régime chômage des intermittents vers le régime général, vient d’adresser des propositions aux syndicats pour durcir les conditions d’indemnisation. La CFDT et la CFTC devraient d’ailleurs donner leur accord à ces propositions avant la fin de la semaine. À la différence de la CGT, majoritaire chez les intermittents qui refuse toute remise en cause du régime. 

Sauf que le Medef demande 180 millions d’économie dont 100 millions à la profession. Il resterait donc 80 millions à la charge de l’État puisque ce même État défend les intermittents.

On voit mal l’exécutif refuser de mettre la main à la poche. Après tout, aider les intermittents, cela fait partie de la politique culturelle. C’est donc au budget de l’État de s’y coller en toute logique. On devrait avoir la réponse dans quelques jours.

P.C