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Les Français plébiscitent le « made in France », mais…

Que pèse le "made in France" dans la consommation des ménages

Que pèse le "made in France" dans la consommation des ménages - Joël SAGET / AFP

Selon une étude de l’Insee, 81% de la consommation des ménages est « made in France » mais on observe une disparité forte entre services et produits manufacturés.

La promotion du « made in France » par les gouvernements successifs, notamment sous l’impulsion de l’ancien ministre Arnaud Montebourg, a-t-elle porté ses fruits ? Selon une étude de l’Insee, 81% de la consommation des ménages était « made in France » en 2015.

Pour autant, le tableau n’est pas aussi flatteur qu’il n’y paraît. D’abord, cette proportion a paradoxalement tendance à baisser : entre 2000 et 2015, elle a perdu 2 points.

Ensuite, le « made in France » concerne avant-tout les services (logement, transports, loisirs, culture, hôtels cafés-restaurants) à 91%. « En effet, pour l’essentiel, il s’agit d’activités mises en oeuvre localement pour produire des biens et des services visant à satisfaire des besoins de personnes présentes sur le territoire, qu’elles soient résidentes ou touristes », explique l’Insee.

Alors que seulement 36% des produits manufacturés consommés sont fabriqués en France. « Cette part d'importation est de 87 % pour la consommation de textiles, de produits de l’industrie de l’habillement ou du cuir et de la chaussure », peut-on lire dans l’étude.

Les retraités et les cadres, les plus sensibles au « made in France »

Les machines ainsi que les équipements électriques, électroniques et informatiques sont les biens les plus fréquemment importés, à 92,5%. Les produits importés proviennent principalement d’Allemagne (produits manufacturiers, denrées alimentaires, transports, activités informatiques), des États-Unis (pétrole raffiné), de Chine (produits informatiques, équipements électriques, textiles), du Royaume-Uni, d’Espagne (véhicules), d’Italie (denrées alimentaires) de Belgique (construction), ou encore de Suisse (équipements électroniques et optiques).

Pour d’autres biens, cette part d'importation est plus faible : 40 % pour la consommation de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac.

Dans son étude, l’Insee observe que « les retraités et les cadres ont une consommation plus intensive en « made in France » : la part des dépenses des retraités en logement est élevée, et les cadres consomment davantage de services (loisirs, culture, hôtels-cafés-restaurants), postes de consommation qui sont naturellement plus intenses en « made in France ». À l’inverse, les ouvriers et les agriculteurs allouent une plus grande part de leur budget aux denrées alimentaires et aux boissons, qui sont moins intenses en « made in France ». Les plus âgés consomment davantage « made in France » que les jeunes ».

« Enfin, la consommation « made in France » est plus faible lorsque la taille de la famille est grande : les familles nombreuses allouent une part plus importante de leur budget aux dépenses d’habillement et plus faible aux dépenses de logement », peut-on encore lire.

Les consommateurs français sont-ils plus sensibles à l’origine locale de leurs produits et services que leurs voisins européens ? La réponse est oui puisque la moyenne des pays de l’OCDE est de 75,5%.

Le Luxembourg (61 %), l’Irlande (56 %) et Malte (59 %) ont les plus faibles taux de « made in », à l’inverse du Brésil (89 %), des États-Unis (89 %) et du Japon (87 %). Avec 80 %, la France est dans une position intermédiaire au même titre que ses proches partenaires européens : le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Olivier CHICHEPORTICHE