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Les Français les plus riches vivent 13 ans de plus que les plus modestes

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- - Matthieu Alexandre / AFP

Les Français les plus modestes vivent moins longtemps que les riches, notamment parce qu'ils renoncent plus facilement à se soigner pour des raisons financières.

Plus on est riche, plus on vit longtemps, beaucoup plus longtemps. Chez les hommes, les 5% les plus aisés ont une espérance de vie à la naissance de 84,4 ans, contre 71,7 ans pour les 5% les plus modestes. Soit 13 ans d'écart ! Moindre, la différence est tout de même de 8 ans chez les femmes (88,3 contre 80 ans), d'après une étude de l'Insee menée en France entre 2012 et 2016.

La richesse a un impact significatif sur l'espérance de vie. Aux alentours de 1.000 euros par mois de revenu par foyer, une hausse de 100 euros permet un gain de presque 1 an d'espérance de vie chez les hommes et plus d'une demi-année chez les femmes. Ce gain s'estompe une fois passée la barre des 2.000 euros. 

Les plus modestes renoncent plus facilement au soin

Pour expliquer ce phénomène, l'Insee avance plusieurs hypothèses. D'abord, "le niveau de vie peut être la cause directe d’un état de santé plus ou moins bon, et donc d’une durée de vie plus ou moins longue", souligne l'institut. Les 20% les plus modestes sont 11% à avoir renoncé à des soins pour des raisons financières, contre 1% pour les 20% les plus riches.

Par ailleurs, la différence de diplômes joue sur les revenus, et par la suite, sur l'espérance de vie. Les cadres ont des conditions de travail moins risquées que les ouvriers, dont les métiers les exposent davantage à des accidents ou des produits toxiques par exemple. De même que les non-diplômés ont plus tendance à fumer que les diplômés du supérieur. 

Le niveau d'éducation ne justifie pas à lui seul ces écarts. À diplômes égaux, les plus riches vivent toujours davantage que les plus pauvres. De même que les hommes les plus aisés sans diplôme vivent plus longtemps au-delà de 35 ans que les diplômés du supérieur les plus modestes (46 ans contre 42 ans).

L'Insee propose une autre hypothèse: les plus modestes seraient, pour certains, en mauvaise santé dès leur jeunesse, bloquant ainsi leurs possibilités d'obtenir des diplômes du supérieur et d'accéder à un meilleur niveau de vie. 

Les femmes plus robustes

Si la différence de diplômes n'est pas nécessairement déterminante, le sexe l'est, en revanche. "À partir de 1.300 euros de niveau de vie par mois, l’espérance de vie des femmes dépasse en effet celle des hommes parmi les 5% les plus aisés", souligne l'Insee.

L'institut explique que les femmes ont des comportements moins risqués que les hommes. Elles sont par exemple moins nombreuses à consommer de l'alcool au quotidien. Elles travaillent également moins que les hommes au cours de leur vie et sont donc moins exposées à des risques professionnelles.

En outre, les femmes bénéficient d'un meilleur suivi médical et, selon certaines études, disposeraient d’avantages biologiques expliquant en partie leur espérance de vie plus longue. 

Jean-Christophe Catalon