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Les éboueurs en grève le 3 avril à l'appel de la CGT

Plus de la moitié de la collecte de déchets relève du privé, a rappelé Sébastien Cravero de la fédération CGT des Services publics.

Plus de la moitié de la collecte de déchets relève du privé, a rappelé Sébastien Cravero de la fédération CGT des Services publics. - Philippe Huguen / AFP

La mobilisation devrait toucher la région parisienne, celle de Marseille, Montpellier, ainsi que l'Est et le Nord. Les grévistes demandent la création d'un "service public national" des déchets.

Les fédérations CGT des Transports et des Services publics ont lancé lundi un appel commun à la grève dans l'ensemble de la filière déchets à partir du 3 avril, le même jour que les cheminots et les salariés d'Air France. Ce mouvement prévu de longue date vise à revendiquer la création d'un "service public national" des déchets.

"Du balayeur à la collecte, au centre de tri, à l'incinérateur", tous les salariés de la filière, qu'ils travaillent dans le public ou le privé, sont appelés à faire grève, a souligné Sébastien Cravero, animateur du collectif "filière collecte et traitement des déchets" à la fédération CGT des Services publics (territoriaux), lors d'une conférence de presse.

Le mouvement, aboutissement d'un travail mené "depuis un an" entre les deux fédérations, devrait toucher notamment Paris et la région parisienne, celle de Marseille, Montpellier, ainsi que l'Est et le Nord, a précisé Fabrice Michaud, secrétaire général de la fédération CGT des Transports.

Un service public national" des déchets

Les deux organisations, qui ont déposé un préavis de grève illimité, revendiquent la "création d'un service public national" des déchets, et donc un "statut unique public" pour les travailleurs de la filière. Objectif: la "reconnaissance de la pénibilité" dans ce secteur, en élargissant à l'ensemble des salariés la possibilité d'un départ anticipé.

Elles demandent ainsi un départ anticipé de cinq ans "à taux plein" pour tous et de 10 ans pour les métiers "exposés à l'insalubrité et la pénibilité" (ramassage des ordures, agents de tri), ainsi qu'une réduction du temps de travail.

La collecte des déchets est "initialement une compétence publique", a rappelé Sébastien Cravero, mais "plus de la moitié relève aujourd'hui du privé", via des délégations de service public, entraînant du "dumping social" entre entreprises et des "conditions de travail (qui) se dégradent" aussi bien dans le public que le privé selon lui.

Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération des services publics, s'est dit "assez confiant" sur la mobilisation "au vu" de celle de jeudi dernier dans la fonction publique.

J.-C.C. avec AFP