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Le service national universel coûterait entre 2,4 et 3 milliards d’euros par an

Un rapport pointe les contraintes du service national universel voulu par Emmanuel Macron

Un rapport pointe les contraintes du service national universel voulu par Emmanuel Macron - Ludovic MARIN / POOL / AFP

Un rapport dévoilé dans Les Échos pointe le coût de fonctionnement d'un tel projet ainsi que les contraintes liées aux effectifs d'encadrement qu'il impliquerait.

C’est un projet sur lequel Emmanuel Macron s’est montré ferme: instaurer le service national universel pour les jeunes âgés de 18 à 21 ans pendant un mois. "Ce service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale, s’adressera aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d’âge, soit environ 600.000 jeunes par an", avait déclaré le chef de l’État pendant la campagne présidentielle.

Si Emmanuel Macron a rappelé lors de la présentation de ses vœux aux armées que ce nouveau "service militaire" verra bien le jour, un rapport dévoilé dans Les Échos dimanche émet bon nombre de réserves.

Entre 2,4 et 3 milliards d'euros selon les scénarios

Les auteurs de cette étude relative "à la mise en place d’un service national universel et obligatoire" ont étudié trois scénarios. L’un reposant sur un mois complet avec formation militaire élémentaire, le deuxième sur un mois "sécable" avec une journée de la citoyenneté élargie à cinq journées, complétée de trois semaines, avec des "engagements à préciser". Tandis qu'un troisième scénario prévoit un parcours entre 16 et 20 ans, avec les établissements scolaires.

Seulement voilà, le rapport se montre sceptique et pointe un coût de fonctionnement qui pourrait aller de 2,4 à 3,1 milliards d’euros par an, sans compter les investissements initiaux importants dans les centres d’hébergement qui iraient de 3,2 à 5,4 milliard d’euros.

Des contraintes à examiner "de très près"

Le projet pourrait également être confronté à des problèmes d’effectifs. En effet, le rapport juge complexe la mobilisation des personnels d’entretien des collectivités, des enseignants et des militaires. Toutes ces "contraintes" doivent être "examinées de très près", écrivent les rapporteurs.

"Les positions exprimées à ce jour sur le service universel d'un mois font ressortir d'importantes réserves tenant à la fois au caractère obligatoire de ce service, à l'importance des moyens matériels et humains à mobiliser pour accueillir et encadrer toute une classe d'âge, pendant plusieurs semaines, aux doutes exprimés sur la possibilité d'entretenir un résultat significatif, en un mois, au regard des objectifs affichés", conclut l’étude.

D’après Les Échos qui citent un fin connaisseur du projet de service national universel, les conclusions du rapport commandé en septembre par Édouard Philippe, ont "beaucoup énervé Emmanuel Macron". Mais le chef de l’État ne veut rien lâcher. À cet égard, le gouvernement a déjà assuré que le financement du projet ne pèserait pas sur le budget de la Défense, sans pour autant chiffrer le coût de la mesure. Une expérimentation devrait avoir lieu l’année prochaine.

P.L