BFM Business
Economie et Social

Le revenu universel d'activité n'est pas "un petit bidouillage technocratique"

Julien Damon, sociologue et professeur associé à Sciences Po, était invité sur le plateau de Good Morning Business pour évoquer les premières concertations sur le RUA qui regroupera certaines prestations sociales.

Top départ pour le revenu universel d'activité (RUA). Ou du moins pour les premières concertations citoyennes sur le sujet, une plate-forme en ligne étant désormais disponible pour échanger sur ce sujet. Promesse d'Emmanuel Macron, il s'agit de fusionner plusieurs prestations sociales (aides au logement, RSA…) pour créer un revenu unique. "C'est un sujet d'efficacité et de simplicité" commente Julien Damon, sociologue et professeur associé à Sciences Po, sur le plateau de Good Morning Business, ce mercredi, rappelant les cas où "des gens qui pourraient prétendre à certaines prestations (...) ne les touchent pas."

"Souvent quand on parle du RUA, on dit qu'on va créer une usine à gaz. En réalité, on cherche à simplifier l'usine à gaz qui est déjà en présence avec la diversité des minima sociaux" assure-t-il. Pour le moment, le RUA devrait regrouper le RSA, la prime d'activité et les aides au logement. Faut-il en ajouter d'autres prestations ? "On peut envisager d'y intégrer l'ensemble des minima sociaux (…) Plus ce sera unifié, mieux ce sera" explique Julien Damon. "Mais ce sera compliqué. Vous avez des allocations qui relèvent de la logique de l'assurance chômage" poursuit le sociologue. "Mais il y a également le minimum vieillesse (…) toutes ces prestations ont une histoire différente, une technicité différente."

1/4 des foyers concernés

D'autant plus "qu'un quart des foyers français pourrait être concerné" par le RUA dans sa première forme. "Ce n'est pas une prestation nouvelle, ce n'est pas simplement un petit bidouillage technocratique pour une toute petite partie de la population" insiste Julien Damon.

Si cette mesure se veut pragmatique, le sociologue observe néanmoins un aspect plus politique dans le nom choisi. "Ce n'est pas forcément le bon titre pour cette prestation" explique-t-il, précisant que l'aspect "revenu universel" était avant tout pour "donner un peu de grain à moudre à une partie du spectre politique" et plus précisément la gauche de Benoît Hamon qui avait fait une proposition bien plus large du revenu universel.

Thomas Leroy